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Le testament audacieux de Jean-Paul II (par Christophe Godel)

Ce 16 octobre 2002, Jean-Paul II sort une nouvelle lettre apostolique, sur le Rosaire: Rosarium Virginis Mariae. Ce texte est audacieux: dans le ton déjà, bien qu'étant un document pontifical, il tend à se rapprocher de la confidence que l'on a pu trouver dans son livre “Ma vocation, Don et Mystère”. Dans les propositions ensuite: je vais vous en relever celles qui semblent les principales.

Tout d'abord, la magie des nombres, qui explique ce texte: “je mettais dans le rythme quotidien du Rosaire ma première année de Pontificat. Aujourd'hui, au début de ma vingt-cinquième année de service comme Successeur de Pierre, je désire faire de même. Que de grâces n'ai-je pas reçues de la Vierge Sainte à travers le Rosaire au cours de ces années: Magnificat anima mea Dominum! Je désire faire monter mon action de grâce vers le Seigneur avec les paroles de sa très sainte Mère, sous la protection de laquelle j'ai placé mon ministère pétrinien: Totus tuus!” (n. 2). Il y a 2 autres éléments déclencheurs pour la sortie de ce document:

Et alors, vient la première directive pastorale: “je désire que, tout au long de l'année, cette prière soit proposée et mise en valeur de manière particulière dans les différentes communautés chrétiennes. Je proclame donc l'année qui va d'octobre de cette année à octobre 2003 Année du Rosaire.” (n. 3)

Eh oui, C'est comme ça. Mais ce n'est pas tout. Notre bon vieux saint père fait, dans ce document, une grande remise à jour de la pratique du Rosaire. Car, comme il le dit, même si d'innombrables saints ont milité en faveur de la pratique du Rosaire, cela “n'empêche pas cependant qu'elle puisse être améliorée” (n. 28). Et il n'y va pas de main morte. Je vous annonce tout-de-suite le scoop; je passerai ensuite aux détails. Le voici:

“Il me semble toutefois qu'un ajout serait opportun, tout en le laissant à la libre appréciation des personnes et des communautés, cela pourrait permettre de prendre en compte également les mystères de la vie publique du Christ entre le Baptême et la Passion.” Concrètement: “Pour que l'on puisse dire de manière complète que le Rosaire est un ‘résumé de l'Évangile’, il convient donc que, après avoir rappelé l'incarnation et la vie cachée du Christ (mystères joyeux), et avant de s'arrêter sur les souffrances de la passion (mystères douloureux), puis sur le triomphe de la résurrection (mystères glorieux), la méditation se tourne aussi vers quelques moments particulièrement significatifs de la vie publique (mystères lumineux)” (n. 19).

Et oui, vous l'avez bien compris, c'est l'ajout d'un nouveau mystère: mysteria lucis. Et alors, plus concrètement? “Si l'on veut indiquer à la communauté chrétienne cinq moments significatifs — mystères ‘lumineux’ — de cette période de la vie du Christ, il me semble que l'on peut les mettre ainsi en évidence: 1. au moment de son Baptême au Jourdain, 2. dans son auto-révélation aux noces de Cana, 3. dans l'annonce du Royaume de Dieu avec l'invitation à la conversion, 4. dans sa Transfiguration et enfin 5. dans l'institution de l'Eucharistie, expression sacramentelle du mystère pascal.” (n. 21)

Une autre question se pose: quel jour donner pour ces mystères lumineux, vu que toute la semaine est déjà occupée? “Considérant que les mystères glorieux sont proposés deux jours de suite, le samedi et le dimanche, et que le samedi est traditionnellement un jour à fort caractère marial, on peut conseiller de déplacer au samedi la deuxième méditation hebdomadaire des mystères joyeux, dans lesquels la présence de Marie est davantage accentuée. Ainsi, le jeudi reste opportunément libre pour la méditation des mystères lumineux.” (n. 38)

On ne recule devant rien! Mais c'est bien. “Une prière aussi facile, et en même temps aussi riche, mérite vraiment d'être redécouverte par la communauté chrétienne” (n. 43). Pour ce faire, voici quelques autres points d'attention:

Le pape indique enfin que le Rosaire a deux utilités particulières:

Voilà. Il ne restait plus qu'à conclure. Mais jamais on n'avait vu de conclusion si claire “Que mon appel ne reste pas lettre morte!” !!!! (Le premier point d'exclamation fait officiellement partie du document!)

J'espère que ce petit aperçu vous aura donné le goût de lire toute la lettre, et peut-être même de vous mettre à une prière du Rosaire renouvelée.

La totale sur www.vatican.va

Au plaisir.

Christophe

 

Distribué par Déjeune qui Prie, Vétroz, Suisse.

web: www.djp.ch email: info@djp.ch