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Soirée SOS: Spiritisme, occultisme, satanisme

(Notes de l'abbé Jean-François Luisier pour son enseignement lors de la soirée SOS du 12 octobre 2002 à Vétroz, Suisse.)

Enregistrement audio disponible: [écouter] [télécharger les fichiers]

Remarques préliminaires

“La plus grande malice du Diable
est de faire croire qu'il n'existe pas.” Baudelaire

Il faut constater deux phénomènes plus ou moins surprenants que sont, d'une part, la montée de l'irrationnel et du satanisme dans nos sociétés, d'autre part, la quasi disparition du Diable dans la prédication ou la catéchèse. Certains iraient jusqu'à dire que les exorcistes eux-mêmes, lassés de ne jamais rencontrer Satan, en viennent à jouer les psychiatres.

L'absence de parole forte de l'Eglise sur ces sujets brûlants. “Pendant des années, nous n'avons pas osé parler du Ciel, de l'enfer, du purgatoire, des anges, des démons, de la résurrection... Cela nous revient en pleine figure, et de façon complètement déformée. L'ignorance des gens est devenue phénoménale, c'est l'une des plus grandes pauvretés de notre époque. (...) Je suis stupéfait de constater qu'il suffit souvent de revenir à une catéchèse élémentaire sur les fins dernières et la communion des saints pour rassurer et répondre à bien des questions. (...) C'est vrai, dit Jean Vernette, on a négligé de prêcher les fins dernières, l'escatologie, les derniers articles du credo, pour éviter notamment l'accusation de démobiliser les chrétiens de l'action concrète — le marxisme accusant la religion d'être l'opium du peuple. Il nous faut aujourd'hui récupérer ce qui est de notre propre message.”

La Mal n'est pas une abstraction. “Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal”: comment supprimer ou édulcorer ces deux dernières demandes du Notre Père? Le catéchisme de l'Eglise catholique offre à ce sujet une belle méditation. “Le Mal n'est pas une abstraction, mais désigne une personne, Satan, le Mauvais, l'ange qui s'oppose à Dieu. Le ‘diable’ (diabolos) est celui qui se jette en travers du dessein de Dieu et sur son œuvre de salut accomplie par le Christ” (No 2851).

Les anges déchus

Définitions: Un ange est être spirituel non-corporel, un pur esprit, créé bon par Dieu. (149 fois dans l'AT et 176 fois dans le NT) qui protègent, servent, annoncent, assistent. Ils sont gardiens de l'ordre de Dieu, et ont mission de nous conduire à Dieu. Le Nouvel-âge dira que c'est une entité, une intuition, c'est faux. Avec tout le ciel, ils sont en action perpétuelle: ce n'est pas le club des retraités de la terre qui lustrent leur auréole à longueur de journée.

Il existe les Séraphins, les Chérubins, les Trônes, les Dominations, les Vertus, les Puissances, les Principautés, les Archanges et les Anges.

Remarque: l'Apocalypse nous parle d'un combat qui a eu dans le ciel. Les anges ne comprennent pas que Dieu mette des esprits dans des corps. Dieu aime et crée des co-créateurs. Sa grandeur se trouve aussi dans la limite. Ils ne comprennent pas l'incarnation. Ils se révoltent et veulent prendre sa place. (Attention: Satan n'est pas pour autant le dieu du mal. Le mal n'est pas l'égal de Dieu!). Parmi les noms: Lucifer (porteur de lumière), Asmodée (démon du sexe), Belzébut (voyance), Mannon (argent).

Appelé prince de ce monde, Beelzébul, esprit immonde, tentateur, antichrist (1Jn4,2). Il est comparé à un lion (Pierre), un dragon (Ap), un serpent (Gn). Désigné par le verbe grec diviser, tromper “diaballein”. Il n'est pas seul: “Nous sommes légion” (Mc 5,9).

Catéchèse: Satan, c'est l'ange déchu, l'esprit malin, appelé aussi diable ou démon. Cette chute, qui présente le caractère du refus de Dieu avec l'état conséquent de damnation, consiste dans le choix libre de ces esprits créés, qui ont radicalement et irrévocablement refusé Dieu et son règne, usurpant ses droits souverains et tentant de bouleverser le plan du salut et l'organisation même de la création tout entière. Nous trouvons un reflet de cette attitude dans les paroles du tentateur à Adam et Eve. “Vous deviendrez comme Dieu” ou “comme des dieux”. Ainsi l'esprit malin tente de transférer en l'homme l'attitude de rivalité, d'insubordination et d'opposition à Dieu, qui est presque devenue le but de totue son existence.

Sources bibliques

Dans l'Ancien Testament, le récit de la chute de l'homme, rapporté dans le livre de la Genèse, présente une référence à l'attitude d'antagonisme que Satan veut communiquer à l'homme pour le conduire à la transgression. De même dans le livre de Job nous lisons que Satan cherche à faire naître la révolte dans l'homme qui souffre. Dans le livre de la Sagesse (Sg 2,24), Satan est présenté comme l'artisan de la mort, qui est entré dans l'histoire de l'homme en même temps que le péché. L'Eglise, au IVe concile du Latran (1215), enseigne que le diable (ou Satan) et les autres démons “ont été créés bons par Dieu mais qu'ils sont devenus mauvais par leur propre volonté”. Nous lisons en effet en saint Jude: “...les anges qui n'ont pas conservé leur primauté, mais qui ont quitté leur propre demeure, c'est pour le jugement du grand jour qu'il les a gardés dans les liens éternels, au fond des ténèbres.” (Jude 6).

Ces textes nous facilitent la compréhension de la nature et de la dimension du péché de Satan, qui consiste dans le refus de la vérité sur Dieu. Ce péché a été d'autant plus grand que la perfection spirituelle et la perspicacité cognitive de l'intelligence angélique est supérieure et que sa liberté et sa proximité de Dieu le sont également. Repoussant la vérité commune sur Dieu par un acte de sa propre volonté libre, Satan devient le “menteur” cosmique et “père du mensonge” (Jn 8,44). Pour cela il vit dans la négation radicale et irréversible de Dieu et cherche à imposer à la création, aux autres êtres créés à l'image de Dieu, et en particulier aux hommes, son tragique “mensonge sur le Bien” qui est Dieu.

Jean-Paul II écrit encore: L'influence de l'esprit malin peut se cacher d'une manière plus profonde et efficace: se faire ignorer correspond à son intérêt. L'habileté de Satan dans le monde est celle de porter les hommes à nier son existence au nom du rationalisme.(...) Par cela, nous comprenons comment Jésus, dans la prière qu'il nous a enseignée, le “Notre Père”, qui est la prière du Royaume de Dieu, termine presque brusquement, à la différence de tant d'autres prières de son temps, en faisant référence à notre condition d'êtres exposés aux embûches du Mal-malin.

“Car ce n'est pas contre les adversaires de chair et de sang que nous avons à lutter mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes.” (Eph 6,12)

L'attitude de Jésus, tenté d'entrée dans son ministère, est de ne pas dialoguer avec le Malin possédant quelqu'un, mais de le faire taire “Silence, sors de cet homme!”

La puissance de Satan est limitée

La foi de l'Eglise nous enseigne en effet que la puissance de Satan n'est pas infinie. Il n'est qu'une créature, puissante du fait qu'il est pur esprit, mais toujours une créature, subordonnée à la volonté de Dieu et à la puissance de Dieu. Si Satan agit dans le monde par haine contre Dieu et son Royaume, cette action est permise par la divine providence qui avec force et douceur dirige l'histoire de l'homme et du monde. Si l'action de Satan cause certainement de graves dommages pour chaque homme et pour la société, toutefois il n'a pas la faculté d'annuler la finalité définitive vers où tendent l'homme et toute la création, c'est-à-dire le bien. Il ne peut empêcher l'édification du Règne de Dieu.

L'Eglise participe à la victoire du Christ sur le diable: le Christ en effet a donné à ses disciples le pouvoir de chasser les démons. L'Eglise exerce ce pouvoir victorieux par la foi au Christ et la prière, qui en des cas spécifiques peut prendre la forme d'exorcisme.

L'exorcisme

Satan pourrait-il alors prendre possession d'une personne, d'un lieu, d'une chose? L'Eglise l'a toujours cru. “A la suite du Christ, elle a pratiqué les exorcismes, ce que rappelle encore le Catéchisme, qui a soin de distinguer soigneusement ce qui peut relever de la psychothérapie et ce qui peut relever de l'autorité spirituelle confiée par le Christ à son Eglise” (No 1673).

En janvier 1999, le Saint-Siège a présenté le Nouveau Rituel des Exorcismes. Dans chaque diocèse, l'évêque doit nommer “un prêtre exorciste”. Avec circonspection et prudence, celui-ci est appelé à discerner, en chaque cas, ce qui relève de la pathologie ou, parfois, de la possession. Et à faire alors usage des prières et formules prévues par le rituel pour l'un et l'autre cas.

Remarque: Le démon peut agir sur les sens extérieurs et intérieurs (la mémoire, l'imagination, le sens commun — ne plus discerner le bien/le mal) sur tout sauf sur l'âme spirituelle, sa fine pointe qui cherche Dieu. Dieu seul habite cette citadelle, ce sanctuaire. Donc la possession est fruit d'une liberté, mais il n'y a rien à craindre sur le fait de se faire jeter un sort sur soi. “Soyez sobres, soyez vigilants: le démon, comme un lion qui rugit, va et vient, à la recherche de sa proie. Résistez-lui avec la force de la foi!”

Se protéger par la grâce, le sacrement du pardon, l'eucharistie. C'est le bouclier de la foi. Tel une vitre blindée derrière laquelle se trouve un lion. J'ai peur pourtant je n'ai rien à craindre. Il n'y a pas de danger.

L'occultisme: témoignages divers

Halloween: radiographie d'une fête païenne

(...) De soi, ces rites qui s'imposent (pourquoi donc s'imposent-ils si vite?) dans notre culture présente ne sont pas bien méchants. Mais il faut se demander ce qu'ils pourront produire s'il arrive que l'imaginaire des futures générations n'est plus structuré que par ces seules références, dans l'oubli de la signification chrétienne de la Toussaint et de Noël. Car il faut bien voir que Halloween et le père Noël, sous des apparences bon enfant, inversent en réalité tous les signes:

Séquence vidéo (20')

Un interview du Père Mathieu (Besançon-1984) tiré de “Profession Exorciste”: être attentif au calme, à la confiance, au “n'ayez pas peur” du chrétien, du franciscain, du prêtre.

Parmi les constats qu'il fait: “On ne veut plus faire de mal à Satan. On ne lutte pas contre quelqu'un que l'on ne connaît pas!” Alors c'est pour ça qu'il fait tant de mal.

Et la grande parole qu'il faut retenir: “Un enfant qui ne quitte pas sa mère peut être défendu par elle comme si c'était une lionne qui défend son petit!” Belle iimage de celui qui fait confiance à Marie et à l'Eglise.

Et le démon ne le vaincra pas à l'usure, car il dit comme Jean-Paul II: “je continuerai jusqu'à ma mort!” Il ne veut surtout pas faire ce cadeau-là au démon. Au moins pour convaincre que le démon est une puissance (pas une toute-puissance) sur le psychisme, dans la conscience, mais aussi sur le physique.

Séquence audio (35')

Klaus Kenneth, qui a grandi en Allemagne, qui s'est marié et travaille à Fribourg comme prof au Collège. Il devait être le grand invité de la soirée avec un parcours incroyable tour du monde et tour de toutes les expériences spirituelles imaginables; il nous a fait la gentillesse d'un message sur cassette cette semaine.

C'est lourd comme témoignage. Il dit c'est comme si au vestiaire avant un film ou un spectacle, on vous demande de laisser non seulement votre habit mais presque votre peau et en tout cas votre intelligence.

Notez le glissement facile à faire entre captivé, captivant, comme l'ont été toutes ses expériences et le mot captif, prisonnier de tout cela... Il dira sur cette captivité, cet emprisonnement: “Nous voulons jouer avec ces esprits et ces forces occultes et ce sont elles qui jouent avec nous!”

Aussi, vous comprendrez que le diable peut même faire du bien, des guérisons, des miracles, si ça peut l'arranger, si c'est pour un plus grand mal après.

 

Distribué par Déjeune qui Prie, Vétroz, Suisse.

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