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Nos trésors ne sont pas ailleurs!

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nos-tresors-affiche-small.jpg Trois textes à méditer en préparation de la soirée du 19 novembre 2005 sur les richesses de notre foi.

Evangile selon Saint Matthieu 2, 1—12

1Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem 2en disant: “Où est le roi des Juifs qui vient de naître? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage.” 3L'ayant appris, le roi Hérode s'émut, et tout Jérusalem avec lui. 4Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s'enquérait auprès d'eux du lieu où devait naître le Christ. 5“A Bethléem de Judée, lui dirent-ils; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète:

6Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement le moindre des clans de Juda; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël.”

7Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l'apparition de l'astre, 8et les envoya à Bethléem en disant: “Allez vous renseigner exactement sur l'enfant; et quand vous l'aurez trouvé, avisez-moi, afin que j'aille, moi aussi, lui rendre hommage.” 9Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route; et voici que l'astre, qu'ils avaient vu à son lever, les précédait jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant. 10A la vue de l'astre ils se réjouirent d'une très grande joie. 11Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe. 12Après quoi, avertis en songe de ne point retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays.

Déclaration Nostra Aetate sur l'Eglise et les religions non chrétiennes

Les diverses religions non chrétiennes

Depuis les temps les plus reculés jusqu'à aujourd'hui, on trouve dans les différents peuples une certaine sensibilité à cette force cachée qui est présente au cours des choses et aux événements de la vie humaine, parfois même une reconnaissance de la Divinité suprême, ou encore du Père. Cette sensibilité et cette connaissance pénètrent leur vie d'un profond sens religieux. Quant aux religions liées au progrès de ta culture, elles s'efforcent de répondre aux mêmes questions par des notions plus affinées et par un langage plus élaboré.

Ainsi, dans l'hindouisme, les hommes scrutent le mystère divin et l'expriment par la fécondité inépuisable des mythes et par les efforts pénétrants de la philosophie; ils cherchent la libération des angoisses de notre condition, soit par les formes de la vie ascétique, soit par la méditation profonde, soit par le refuge en Dieu avec amour et confiance.

Dans le bouddhisme, selon ses formes variées, l'insuffisance radicale de ce monde changeant est reconnue et on enseigne une voie par laquelle les hommes, avec un coeur dévot et confiant, pourront soit acquérir l'état de libération parfaite, soit atteindre l'illumination suprême par leurs propres efforts ou par un secours venu d'en haut.

De même aussi, les autres religions qu'on trouve de par le monde s'efforcent d'aller au-devant, de façons diverses, de l'inquiétude du coeur humain en proposant des voies, c'est-à-dire des doctrines, des règles de vie et des rites sacrés.

L'Eglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d'agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu'elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu'elle-même tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la Vérité qui illumine tous les hommes. Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d'annoncer sans cesse, le Christ qui est “la voie, la vérité et la vie” (Jean 14,6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s'est réconcilié toutes choses.

Elle exhorte donc ses fils pour que, avec prudence et charité, par le dialogue et par la collaboration avec ceux qui suivent d'autres religions, et tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes, ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles qui se trouvent en eux.

Jean-Paul II: Entrez dans l'Espérance, Ed. Plon-Mame, Paris, 1994

Le bouddhisme est-il une alternative au christianisme?

Vous ne l'ignorez pas, cette doctrine du salut semble attirer une grand nombre d'Occidentaux, comme une alternative au christianisme ou comme une sorte de "complément", au moins en ce qui concerne les techniques d'ascétisme et de mystique.

Oui, vous avez raison et je vous remercie de soulever ce problème. Parmi les religions citées dans le document conciliaire Nostra Aetate, le bouddhisme est celle qui mérite une attention particulière car il est, d'une certaine manière, comme le christianisme, une religion de salut. Cependant, il faut s'empresser d'ajouter que la sotériologie1 du bouddhisme est presque diamétralement opposée à celle du christianisme.

En Occident, on connaît bien la figure du Dalaï Lama, le chef spirituel des Tibétains. Je l'ai rencontré à plusieurs reprises. La personnalité du Dalaï Lama rapproche le bouddhisme de l'Occident chrétien, et suscite un intérêt évident pour la spiritualité bouddhiste et pour ses méthodes de prière. J'ai également rendu visite au “patriarche” bouddhiste à Bangkok, en Thaïlande. Parmi les moines qui l'entouraient, certains étaient originaires des Etats-Unis. Nous constatons aujourd'hui une certaine diffusion du bouddhisme en Occident.

La sotériologie du bouddhisme constitue le point central et même unique de ce système. Pourtant, la tradition bouddhiste et les méthodes qui en dérivent offrent une sotériologie presque exclusivement négative.

L'“illumination” expérimentée par le Bouddha peut en effet se résumer dans la conviction que ce monde est mauvais, qu'il est une source de malheurs et de souffrances pour l'homme. Pour se délivrer de ces maux, il convient donc de se délivrer du monde; il faut couper nos liens avec la réalité extérieure, donc les liens que nous impose notre constitution humaine, psychique et corporelle. Au fur et à mesure de cette libération, nous devenons de plus en plus indifférents à tout ce qu'il y a dans le monde et nous nous libérons de la souffrance, c'est-à-dire du mal qui provient du monde.

Nous approchons-nous de Dieu de cette façon? Il n'en est même pas question dans l'“illumination” proposée par le Bouddha. Le bouddhisme est en grande partie un système “athée”. Nous ne nous délivrons pas du mal à travers le bien qui vient de Dieu; nous nous en libérons seulement en nous éloignant d'un monde qui est mauvais. La plénitude de ce détachement n'est pas l'union avec Dieu, mais ce qu'on appelle le nirvâna, c'est-à-dire une indifférence totale envers le monde. Le salut est avant tout une libération du mal, obtenue grâce à un parfait détachement du monde, où réside la source du mal. Voilà le sommet de la démarche spirituelle du bouddhisme.

[...] Des textes de saint Jean de la Croix sont parfois interprétés dans l'Est asiatique comme une validation des méthodes ascétiques de l'Orient. Mais ce docteur de l'Eglise2 ne propose pas seulement un détachement du monde. S'il préconise de se libérer du monde, c'est afin de s'unir à ce qui est distinct du monde; et ce qui est distinct du monde n'est pas le nirvâna, mais c'est une Personne, c'est Dieu. La purification ne suffit pas à produire l'union à Dieu, car celle-ci ne peut s'accomplir que dans et par l'Amour.

[...] La mystique construit l'Eglise comme communauté de foi, d'espérance et de charité. Et elle construit en même temps la civilisation — en particulier la "civilisation occidentale", caractérisée par son rapport positif avec le monde, et qui s'est développée grâce aux progrès de la science et de la technique, c'est-à-dire deux disciplines enracinées à la fois dans la tradition philosophique de la Grèce antique et dans la Révélation judéo-chrétienne. La vérité sur Dieu créateur et sur le Christ rédempteur du monde constitue un levier puissant, qui génère une attitude positive envers la création et suscite l'engagement dans sa transformation et son perfectionnement.

Le Concile Vatican II a clairement réaffirmé cette vérité: se laisser aller à une attitude négative envers le monde, avec la conviction qu'il n'y a là pour l'homme qu'une source de souffrance et que par conséquent il faut s'en détacher, voilà qui est négatif, non seulement parce que c'est une vision unilatérale, mais encore parce que cette attitude est foncièrement opposée au développement de l'homme selon le dessein du Créateur, qui lui a donné le monde et l'a confié à sa responsabilité.

[...] Peut-être faut-il alors mettre en garde les chrétiens qui répondent avec enthousiasme à certaines propositions provenant des traditions religieuses d'Extrême-Orient, par exemple en matière de techniques et méthodes de méditation et d'ascèse. Dans certains milieux, ces pratiques sont devenues une sorte de mode, acceptée quasiment sans critique. Il conviendrait au contraire de mieux approfondir notre propre patrimoine spirituel et de se demander si ses ressources ne sont pas injustement négligées.

1Sotériologie: la doctrine du salut, tout ce qui est nécessaire pour que l'homme soit sauvé.
2Docteur de l'Eglise: L'Eglise donne ce titre à des saints auxquels elle reconnaît une autorité particulière en matière de doctrine.

 

Distribué par Déjeune qui Prie, Vétroz, Suisse.

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