Lettre V (22 avril 1998)
Salut!
Je viens te parler encore et toujours de cet acte formidable que fait l'hindou en se purifiant dans le Gange: il prie; ou le musulman qui se prosterne en direction de la Mecque: il prie; ou le juif devant le grand Mur qui attend la nouvelle Jérusalem: il prie; ou encore le bouddhiste en cherchant à éteindre tous ses désirs... J'ose te prier de prier, j'ose parler à ton cœur même si ta raison a envie de ne pas lire jusqu'au bout... sais-tu que rien, absolument rien ne comble ton cœur vraiment, à moins que...
Je te le souhaite vivement: ose être grand en commençant par être à genoux, comme disait un jeune croyant. Commence par écouter de l'intérieur... Ne fuis pas, ne sois pas lâche... A écouter parler le ruisseau, on l'entend nous parler de la source; à écouter ton cœur, tu l'entends te parler de sa soif d'Amour...
Je sais que tu as vraiment le souci de préserver ton cœur, ton cœur qui est le seul réceptacle capable d'accueillir l'Absolu et le total Amour; je sais que tu luttes tout comme moi pour préserver ce désert, cet espace intérieur qui n'a que faire de notre société de consommation, de notre individualisme qui nous amènera bientôt au bord du gouffre, de notre égoïsme qui dit à rebours de notre cœur “à chacun pour soi!” Pour cela, laisse-toi convaincre par ta voix intérieure, celle, merveilleuse, de ton âme qui te murmure: “il y a plus que toi-même dans ta vie, il y a Quelqu'un et cet Amour t'attend” il y a mieux que le cosmique et le spiritisme, mieux que le philosophique et l'énergétique, mieux que le taoïsme et que le magnétisme, il y a Quelqu'un!
Sois ferme et acteur de ta vie: contrôle, self-contrôle ta vie! Déteste les puissances qui voudraient te manipuler et te forcent à t'exiler loin de toi, ça fait peut-être trop longtemps que ça dure. Dis-toi bien que tu en as marre de suivre deux chemins à la fois, plutôt qu'un Chemin à la FOI...
Je te l'écris, tout cela, avec un grand respect pour toi, et je me le dis à moi-même d'ailleurs, pas meilleur que toi! Regarde si les résistances que tu mets à cette lettre, à la prière, ne ressemblent pas finalement à des pierres immenses qui se roulent à la porte de ton cœur... ces rolling stones qui ressemblent terriblement, non?, à cette histoire de tombeau et de pierre au soir terrible du vendredi saint!
Au lendemain de Pâques et des 24 heures, regarde face à face ton baptême: vas-tu toujours en faire le portillon folklorique de ta venue sur cette planète? Ou bien sens-tu le besoin de vérifier tout cela... “Véri-fier”, c'est faire du vrai, c'est être vrai (devant ton miroir et devant Dieu) pour être plus heureux.
“Ne perdez pas votre confiance, grâce à elle vous serez largement récompensés. Car vous avez bien besoin d'endurance pour accomplir la volonté de Dieu et obtenir ainsi la réalisation des promesses.” He 10,35—36
Si tu reçois notre lettre pour la première fois, sache que tous les samedis, nous prions (des fois à 7 des fois à 12 jeunes) pour, au nom, avec tous les jeunes de chez nous qui cherchent Dieu. Cela se passe le samedi, un jour pas comme les autres pour beaucoup de jeunes; cela se passe à 9 heures, juste pour se fixer un effort: la prière c'est dur! Cela se passe dans l'équilibre: 25' pour prier, méditer et respirer Dieu et 25' pour déjeuner en espace convivial. C'est tous les jours de l'année non-stop! C'est au premier étage du Prieuré à Vétroz.
Je te félicite pour tout ce que tu es dans ta façon d'aimer, de prier et de chercher Dieu. Continue, peu importe cette lettre, Dieu est avec Toi...