Le coin de l'abbé (par l'abbé Léonard)
“Saint sinon rien!” Avouons-le franchement: la radicalité du thème proposé pour ce numéro m'a déconcerté. À sa lecture, le vieil homme s'en est trouvé choqué; secoué par ce qu'il regarde comme une provocation. Son premier réflexe est de se mettre à l'abri et de baisser les bras: Faut pas exagérer... Être saint? D'autres peut-être, moi jamais... Lorsque ce défi de nos vies chrétiennes point à l'horizon, le but nous paraît terriblement lointain, inaccessible même. Et nous voici céder à la résignation qui enferme dans la médiocrité et le conformisme ambiant. Par manque de “grandeur d'âme” — comme on disait autrefois — par défaut d'idéal spirituel élevé...
Nourrir de grands et saints désirs, n'est-ce pas la première grâce que nous devrions demander, celle qui déclenche le processus et qui soulève tout? Cela m'a toujours frappé, chez Thérèse de l'Enfant-Jésus, qui n'a jamais fait mystère de son désir “d'être une grande sainte”.
A l'heure où le Saint-Père nous invite à devenir sel de la terre et lumière du monde, à notre tour d'avancer avec la juste assurance de cœurs magnanimes, largement ouverts au souffle de l'Esprit, prêts à concrétiser l'espoir que l'Église place en ses jeunes: “L'humanité du troisième millénaire a besoin de jeunes forts dans la foi et généreux dans le service de leurs frères. Elle a besoin de jeunes aimant le Christ et son Évangile” (Jean-Paul II).