À l'école du bonheur (1/4) (par Aline)
Chers amis, chère famille,
Depuis mes dernières nouvelles, j'ai appris beaucoup de choses... Les gens ici sont un peu fous, et cette folie me montre à quel point les Européens sont coincés! Elle m'apprend aussi à profiter du moment présent, c'est-à-dire, être justement présent là où on est, au moment où on est. Combien de fois pensons-nous à ce que nous allons faire le week-end ou le soir, alors que nous sommes avec des gens extraordinaires qui méritent toute notre attention?! Cette folie s'exprime ici aussi dans l'amour. Les gens s'embrassent pour un rien, se sourient, se donnent des gestes d'amitié... Simplement pour la joie de donner et de recevoir quelque chose qui ne coûte rien... De nouveau, la fraternité des hommes se manifeste...
Par cette joie constante qui règne entre les êtres humains, j'apprends donc à ne pas vouloir plus, à ne pas demander trop... À force de vouloir faire le bien, j'étais devenue orgueilleuse et refusais les cadeaux que Dieu me faisait... Maintenant, j'ai compris qu'il faut savoir accepter ce que le présent m'offre et surtout, je réalise que je suis toute petite et que je ne sauverai pas le monde dans les prochaines semaines!! (Désolée de vous décevoir!!!)
Après ma première expérience en prison, j'ai eu l'occasion d'entrer dans des commissariats et dans une prison de femmes. Mais je n'ai pas encore vraiment eu de contact direct et personnel avec nos frères et sœurs privés de liberté. Je vous en reparlerais...
Hier, je suis allée dans un foyer qui accueille des enfants et des jeunes de la rue pendant la journée. J'ai croisé de beaux visages lumineux, des yeux profonds qui racontent une histoire que je ne comprends pas, des gestes qui expriment le besoin de l'autre à être reconnu et aimé. J'ai croisé aussi des visages tristes, comme celui de le petite Daniella qui ne sourit jamais. Qu'est-ce qui peut bien empêcher un enfant de sourire? Quelle histoire se cache derrière cette tristesse constante? Le soir, Gabriel (14 ans) me raccompagne à la maison. Je sais que, dans la nuit de la ville, il s'installera quelque part et essayera de récupérer queques sous en jonglant aux feux rouges...
L'heure est aux questions pour l'instant, et j'espère qu'au cours de mon voyage, je trouverai quelques réponses...
Juillet 2004: un groupe de jeunes Suisses débarque à Santa Fe (Argentine), chez le Père Gabriel Carron. Une histoire d'amitié racontée sur le site argentina2004.ch.
Voir aussi:
Lettre numéro 1
Lettre numéro 2
Lettre numéro 3
Lettre numéro 4