Alex part en mission dans le Bronx
Point-Cœur Jean-Paul II
New York — États-Unis
Mi-novembre 2003
Lettre 7 (ou lettre 1)
“Nous y voici donc tous deux à la fin de cette aventure ‘équatorienne’ qui n'est que le début, la porte ouverte sur l'aventure de la vie... Je compte cependant ne la terminer, en ce qui concerne mes lettres, que quelque temps après mon retour en Suisse...” (Guayaquil, lettre 6, octobre 2002)
Voici comment je commençais ma dernière lettre aux parrains sur sol sud-américain. Ça fait un bail que la suite patiente et de fait , que nous ne nous sommes pas rencontrés dans cette régularité qui avait duré 14 mois.
Je vais essayer d'être clair car pas tous ne connaissent ou ne savent de quoi il s'agit, puisqu'il y a des nouveaux “abonnés”; de plus, le petit 1 entre parenthèse et l'adresse en en-tête laisse le doute s'immiscer? Je reprendrai donc à la fin la petite explication sur le pourquoi et le comment de cette lettre, de cette régularité de 14 mois, etc. Mais tout d'abord je vais tenter de parler de l'année écoulée.
Ce n'est que le 25 novembre 2002, après la lettre 6 et un mois de voyage au travers de l'Équateur, que je pris l'avion pour rentrer en Suisse. Je devais traverser l'Amérique Centrale et une partie de la côte est des États-Unis avant de traverser la grande gouille. J'ai atterri en Suisse avec en tout cas 20 degrés de différence de température (du haut vers le bas), et en ayant dû laisser le soleil sur le continent américain (rassurez-vous, celui de mon cœur était bien présent). Malgré l'humeur maussade du temps, quelle joie m'habitait de retrouver les miens, famille, amis; mon pays, mieux, ma terre, les montagnes, etc. Le premier mois fut d'une déroutante facilité d'adaptation. Chargé de rencontres, de partages, tout me semblait drôlement facile à vivre... Pas le temps de se poser des questions, un téléphone par-ci, une rencontre par-là, etc. Ce n'est qu'après avoir renoué contact avec à peu près tout le monde que tout cela devint moins drôle, pour ne pas dire carrément difficile. L'absence de la communauté, de la prière régulière, et même de l'animation du quartier me faisait défaut. Je luttais avec ma volonté pour reprendre un rythme de prières et de temps consacré à Jésus, “convenable” à mes “habitudes”... impossible. Je tournais un peu en rond dans ma petite chambre et ne rencontrais pas d'enfants dans les rues de mon quartier... Un peu perdu quoi!
Mais comme Dieu est bon et qu'Il n'abandonne jamais ses enfants, j'ai reçu de quoi me raccrocher et continuer doucement mon petit bonhomme de chemin. J'ai rencontré une petite communauté de prêtres qui m'a accueilli quelque temps. J'y ai pu prier, partager une petite vie entre frères et préparer une présentation de dias sur ma mission, destinée à vous tous... Ce fut une grande joie de partager ce moment avec vous lors de la messe et de la présentation. De plus la présence de Père Thierry et de Père Paul m'a comblé puisque enfin vous avez pu rencontrer celui qui nous donne de vivre tellement de bonheur. Je profite pour vous renouveler l'insistance de sa reconnaissance et de sa joie de vous savoir présents.
Suite à cela, nous étions déjà bien entrés dans le mois de février, je commençai la recherche d'un emploi. Par chance je devais effectuer quelques mois de service civil. J'en ai donc profité pour reprendre le rythme professionnel dans un lieu qui correspondait à ma formation. C'est à Fribourg que je me suis retrouvé, et ce pour trois mois. J'y ai eu la chance de pouvoir travailler dans un lieu d'accueil de jour. Au service des personnes qui y venaient par l'accueil, la vaisselle, la cuisine, les jeux de cartes, ou simplement l'échange de quelques mots, d'expressions de joie ou de souffrance face à la situation de vie, j'y ai, je vous l'avoue, ouvert les yeux sur toute la pauvreté et même la misère que la Suisse garde bien au chaud comme un peu à l'écart de notre vue. Et quelle dure réalité, d'autant plus dure à avaler du fait quelle n'est pas autorisée par notre société. Parce que ces personne, devenues des ami(e)s, ont une garantie sociale, on leur refuse le droit au logement, parce qu'elles dénotent par leur attitude, on leur refuse le droit à l'emploi et même pire, le droit à une relation, à être simplement quelqu'un comme tout le monde. Ce lieu de travail, plutôt d'amitié, m'a énormément aidé au retour. J'y ai lentement discerné que mon chemin ne passait pas au-delà de ce que j'avais reçu (et reçois toujours) lors de ma mission; le charisme de compassion. Dès lors il fût bien clair que Points-Cœur était le lieu de ma joie, de mon bonheur et de ce fait, de mon engagement; seule la forme de cet engagement ne m'était pas claire.
Suite à cette expérience, je suis rentré chez moi (c-à-d en Valais) pour continuer mon service civil. Cette fois pour travailler dans une entreprise sociale dénommée La Thune. C'est une entreprise au même titre que les autres mais qui ajoute à sa “conformité” le désir d'être destinée, dans ses offres d'emploi, à des personnes qui se trouvent en marge du monde du travail. À nouveau j'ai rencontré la souffrance de personnes qui par différentes difficultés se retrouvent écartées du monde économique et de ce fait, du noyau social. J'ai partagé avec elles l'effort physique que peut demander la coupe de bois, la taille de haies ou l'aménagement de pelouses en passant par la construction de petits couverts ou autres. Cette entreprise de service m'a encore stimulé dans ce désir d'être proche de ceux qui sont mis en marge de notre réalité quotidienne. Je ne peux donc m'empêcher de vous conseiller ses services (La Thune sàrl, 1950 Sion) car mes amis ont besoin de votre confiance et de votre espérance pour se relever et continuer la marche de la vie.
Durant tout ce temps, et même si mon rythme de prières s'est vu “escamoté” quelque peu, j'ai pu continuer à préciser et affiner mon désir spirituel. À plusieurs reprises je suis allé en France pour y rencontrer la petite famille Points-Cœur, j'ai également fait connaissance de Communion et Libération (mouvement proche de Points-Cœur), j'ai aussi fait quelques retraites, tout ça pour arriver à la simple conclusion que je me sentais appelé à plus avec Points-Cœur.
Voilà pourquoi le petit 1 et l'adresse “bizarre” en en-tête. En fait j'ai été appelé à repartir avec Points-Cœur et surtout, j'ai répondu OUI à cet appel. Me voici donc envoyé dès la fin de ce mois et pour deux années pour participer à la fondation du nouveau Point-Cœur Jean-Paul II dans le Bronx, à New York, aux Etats-Unis d'Amérique. Et le petit 1, c'est une légère allusion à notre (éventuelle) communion qui continue ou alors qui commence.
Voici que j'arrive à l'explication plus technique du pourquoi et comment mentionné en début de courrier. Mon désir (et celui de l'œuvre) est de vivre cette mission toute particulière — une fondation est vraiment une aventure — dans la communion avec vous et de vous permettre d'y participer à votre manière et selon vos disponibilités, quelles qu'elles soient. Je vous propose donc d'être mes parrains/marraines pour cette mission. Si vous l'acceptez, je me propose de vous faire partager ma mission de l'intérieur par cette fameuse régularité qui consiste en une petite circulaire bimensuelle où je tâcherai de vous guider dans la profondeur de cette expérience d'amour qui nous est donnée. Pour vous inscrire, veuillez simplement envoyer un message à pointcoeur_ch@hotmail.com en spécifiant le type de parrainage et votre adresse pour l'envoie éventuel de bulletins de versements. Il y a en effet deux parrainages “officiels”, le financier et le spirituel:
- Le financier: Points-Cœur vit
principalement de dons. La réalité américaine est
similaire à celle de la Suisse économiquement
parlant. De ce fait, quelques-uns d'entre nous
travailleront pour contribuer aux besoins
communautaires, mais ce travail ne sera pas
suffisant. De plus le désir de communion s'étend à toute
l'œuvre et votre participation ne s'arrêtera pas
uniquement au seul Point-Cœur de New York mais
s'étendra aux nécessités d'autres missionnaires (dont
quelques cinq ou six Suisses) à travers le monde.
- Le spirituel: Étant une œuvre catholique et ayant le désir premier de Dieu, il va de soi que la prière a une place prépondérante dans la vie de l'œuvre (et la nôtre). Dès lors il nous semble indispensable d'asseoir notre labeur sur la communion avec le Ciel. Le parrainage spirituel est vital, sans lui rien n'est possible, “Car rien n'est impossible à Dieu” (Lc 1,37). Ce soutien spirituel consiste à prier une dizaine du chapelet par jour à l'intention de votre filleul, de la communauté, des amis et de l'œuvre.
Enfin, pour toutes les formes de parrainage, je m'engage dès aujourd'hui à prier pour vous l'Intercession de Marie auprès du Père.
Dans la joie, je rends grâce à Dieu pour votre douce présence, je vous confie à Lui et vous embrasse chaleureusement en Christ.
Adresse pour lui écrire:
Heart's home John Paul II
Saint Francis of Assisi church
1544 Shakespeare Avenue
BRONX, NY 10452
USA