Communion Déjeune qui Prie
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Retrouver les chemins de l'amour

Rescapée de l'enfer163

Je suis une rescapée de l'enfer. D'un enfer qui aujourd'hui dans notre monde actuel passe pour “normal”. Cet enfer, c'est celui du sexe et du non-respect de l'autre.

Née dans une famille chrétienne, j'ai été baptisée et j'ai entendu parler de Dieu, je l'ai même prié étant petite. Petit à petit, je l'ai perdu pour des tas de raisons et j'ai lâché sa main, je voulais la liberté, changer de vie... Pour moi, II n'était plus rien... J 'ai eu une enfance difficile, douloureuse et à 15 ans j'ai été victime d'un viol... Cela m'a profondément meurtrie, blessée, non seulement dans mon corps mais aussi dans mon cœur. En moi quelque chose était brisé, cassé. Je n'en ai parlé à personne, me sentant coupable et surtout terriblement seule. J'avais une peur atroce d'être enceinte et j'ai porté le poids de mon angoisse seule. Je n'en dormais plus, faisant des cauchemars abominables... Les garçons, les hommes étaient devenus pour moi une obsession. J'en avais peur, terriblement, et pour vaincre cette peur qui m'envahissait jour après jour, j'ai décidé de me venger. Dès lors, j'ai commencé à sortir en boîte et j'ai connu des tas de gens, beaucoup plus âgés que moi, qui se droguaient, qui recherchaient le plaisir. Très vite livrée à moi-même, je suis tombée dans cet univers-là: le monde de la séduction.

Je plaisais et je le savais... Alors je séduisais et allais d'aventure en aventure... J'avais un besoin fou d'être aimée pour ce que j'étais, mais ce n'était jamais possible parce que dans ces jeux-là, ce n'est pas de l'amour mais de l'exploitation et de l'esclavage.

Plus j'avançais dans cette vie-là et plus ma nuit devenait noire, obscure. Je n'étais plus que l'ombre de moi-même, j'allais d'échecs en échecs, et à 18 ans j'avais déjà l'impression d'être vieille et souillée. En passant de bras en bras, j'étais devenue un objet, une poupée dont ils tombaient amoureux et puis qu'ils jetaient. Je n'avais plus d'identité. J'ai fait une tentative de suicide et j'en suis revenue avec un goût d'amertume dans la bouche... Il fallait continuer à vivre, mais pour qui? Pourquoi?

A cette époque-là, j'ai entendu parler d'une abbaye et j'y suis partie pour me reposer et là j'ai connu un prêtre extraordinaire qui m'a écoutée sans me juger... Et a cause de lui ou plutôt grâce à lui, je me suis promis de retourner dans cet endroit tous les ans... Je n'avais pourtant pas rencontré Dieu, mais c'était quand même Lui qui m'avait guidée jusque-là.

Une fois rentrée chez moi, j'ai continué ma vie: les garçons, les boîtes, une vie de plus en plus nocturne et solitaire. A un moment, pourtant, j'ai cru trouver l'amour avec un garçon, nous sommes restés deux ans ensemble et il me semblait que je revivais. Nous faisions des projets, on voulait se marier, avoir des enfants... Mais au fond de moi, je n'étais pas encore comblée. Et puis, il m'a quittée pour une autre... A ce moment-là, le prêtre que je connaissais est mort... D'un coup je perdais pied, je n'avais vraiment plus rien à qui me rattacher. Alors, j'ai repris ma vie d'avant. J'avais rencontré des filles étant dans le même cas que moi et l'enfer a continué...

Et puis un jour en revenant de l'abbaye (j'y allais quand même une fois par an), j'ai rencontré une fille dans le train. Son regard bleu m'a frappée, il était plein de lumière et d'une joie qui ne me semblait pas de ce monde... Elle m'a parlé de Dieu et je me suis un peu ouverte, confiée à elle... De fil en aiguille, elle m'a parlé d'un jeune prêtre qu'elle connaissait et qui habitait la même ville que moi... Je me dis que le hasard n'existe pas...

Rentrant à la maison, vidée, au bout du rouleau, j'ai contacté ce prêtre... et là, j'ai pu “craquer”, lui dire l'enfer dans lequel je vivais et dont je ne pouvais me sortir... Il m'a écoutée et comprise... Dieu était toujours aussi loin dans ma vie, mais je voulais vivre autrement, du moins essayer.

J'ai commencé à aller dans un groupe de prière, j'étais accueillie comme j'étais, mais menant une vie complètement décousue à côté, je n'y arrivais pas...

Et puis j'ai rencontré un jeune drogué et j'ai voulu l'aider et je suis tombée encore et encore. A fréquenter ce milieu-là, on se blesse terriblement (je ne me suis pas vraiment droguée grâce à Dieu!). Entre nous, il n'y avait que le physique, on s'engueulait sans arrêt... Je repense à me flinguer... Pour moi, c'était la seule issue... Cette idée de la mort me suivait partout: rien que par le look que j'avais: punk à moitié, écoutant des musiques sentant la mort... Et puis, un 13 avril, j'ai entendu une voix qui me demandait de quitter ce gars, et je l'ai fait. J'en avais assez de cette vie qui me réduisait à rien... Le lendemain une journée de prière et de partage était organisée par le prêtre qui me suivait et j'y suis allée... Je n'avais vraiment plus rien, mon univers s'écroulait... Et puis le prêtre a parlé du Pardon et d'une femme Marie-Madeleine... La pécheresse aimante et pardonnée... Cette prostituée, brisée, meurtrie qui s'était jetée aux pieds de Jésus... En un éclair, j'ai tout compris... J'ai compris que cet amour dont j'avais tant besoin, dont je crevais de soif depuis des années s'appelait Jésus... Je me suis sentie envahie d'une joie immense, j'avais les larmes aux yeux... En un instant j'ai su que Celui qui pouvait me guérir de toutes mes peurs, mes douleurs, c'était Jésus... Alors, je suis allée me jeter à ses pieds comme la petite Marie-Madeleine et j'ai reçu son Pardon... Et à partir de ce jour-là, je L'ai suivi... Il est venu jusqu'à moi, au plus profond de ma nuit... et c'est en allant à la messe tous les jours et en recevant son pardon que j'ai pu aussi pardonner à celui qui m'avait agressée... Vois-tu, c'est en recevant son Corps, que mes blessures peu à peu sont devenues lumière, car tes blessures, II veut en faire des bouquets d'étoiles! Et quand II vient à moi si petit, si pauvre dans le creux de ma main, comment ne pas être bouleversée d'amour?

Je peux te dire qu'il m'a guérie de cet enfer... Bien sûr ce n'est pas facile, mais en mettant la main dans la sienne, on est sûr d'y arriver! Et tous les jours, je Lui demande de m'aider car je sais ma faiblesse, mais j'ai confiance en sa puissance et sa Miséricorde! Marie, Mère de Pureté, m'aide aussi, crois-moi!

Je peux te dire aussi que je suis “lavée” grâce à son Pardon et que moi qui étais toujours en noir, je peux m'habiller en blanc sans rougir car II a balayé mon passé et je veux rester pure... La chasteté, tu vois, c'est quelque chose de beau, quand c'est vécu dans l'amour. Ça vaut le coup. Je vais même te dire que si je me garde ce sera pour celui qui partagera peut-être un jour ma vie. Ce jour-là, je pourrai lui dire “je t'aime” et me donner entièrement. Tu vois en te préservant, tu fais un cadeau magnifique à Dieu, car ton corps c'est là où Dieu habite. C'est un cadeau qu'il t'a fait et il faut en prendre soin... Tu es RESPONSABLE de ton corps et de celui de l'autre. Oui, merci Seigneur de m'avoir faite femme, de m'avoir donné un corps pour te louer, te danser et pour accueillir la vie... Alors, pour finir, voilà une petite phrase de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus qui résume ce que je vis:

“Je ne vais faire qu'une seule chose: commencer à chanter ce que je dois redire éternellement: les Miséricordes du Seigneur!” Amen!

Myriam, 21 ans.

Un grand instinct mais au degré du cœur

Dès ma première relation affective vécue avec un garçon, j'ai senti et expérimenté concrètement en moi un combat entre deux caractéristiques bien marquées de ma personnalité: d'une part une sensualité développée et d'autre part un grand désir, même un besoin vital (un instinct) d'intégrité (d'une certaine plénitude) de mon être dans tout ce qui le compose (corps, esprit, cœur, âme). Tout de suite j'ai pu relever en moi à la fois un grand instinct, un grand désir et une grande réceptivité au langage du corps, du toucher, du contact de la chair (retrouvé d'ailleurs dans toutes les formes de relations affectives), et à la fois ce besoin vital qu'il soit à la mesure, à l'image, au degré du langage du cœur et de l'esprit. Je ne pouvais détacher mon corps, mes gestes, de mes sentiments, de mes pensées, me dissocier. Je ne le savais pas encore, mais je sais maintenant que c'est Dieu qui a voulu me garder dans la pureté, en me préservant de me donner dans mon corps avec démesure et mensonge. Je découvrais peu à peu, dans mon être, dans ma propre expérience toute la richesse de la virginité et toute la valeur du don à une personne unique dans la bénédiction de Dieu. Les choix de l'Eglise prenaient un sens dans ma vie et je pouvais les faire miens. A commencé alors pour moi un combat difficile où Satan a su trouver des voix “royales”, usant des hommes et choisissant pour agir ces moments que je vis périodiquement où mon corps appelle violemment à la tendresse, à pouvoir donner et recevoir en son langage. C'était alors, au-delà de la tentation déjà éprouvante, de vivre avec tel ou tel garçon une relation affective dont je savais d'avance qu'elle serait trop rapide, superficielle, fausse et stucturée d'avance (habitude sociale) et ne m'apporterait qu'un plaisir superficiel et momentané.

L'acharnement d'une folie destructrice

C'était surtout l'agression violente (si intelligemment et puissamment préparée, calculée) des affiches publicitaires qui dans des détails plus ou moins flagrants visent la sensualité et le désir sexuel, les scènes érotiques dans les films devenues automatiques, comme indispensables (!) et puis cette “liberté” qui devient exhibition des jeunes couples dans la rue.

Autant d'épées, autant de souffrances, autant de mise en esclavage, autant de nourriture aux fantasmes qui avaient bien vite pris place dans le terrain déjà “habitué” de mon esprit. Fantasmes d'abord “gentils”, sournois, simples souhaits de rencontres affectueuses, amoureuses, se transformant en fantasmes violents emplis de vice, de pornographie, de bestialité. Subtilement, sournoisement comme sait si bien le faire le “maître du mensonge”...

Alors si Dieu m'avait donné de rester pure dans mon corps et dans mes actes, je le trahissais en acceptant le péché dans les pensées, je me souillais tout autant!

Mes yeux ont été longs à vouloir s'ouvrir sur mon péché, je me sentais si faible face à lui, si encerclée, et puis j'avais peur en le rejetant de devoir renoncer à cette sensualité autour de laquelle il s'exerçait, cette sensualité que je sentais partie intégrante de mon être, que je trouvais belle et riche et dont je ne pouvais me résoudre à me séparer, même pour Dieu.

Un matin, je me réveillais avec l'envie de pleurer, une envie insurmontable, venue du plus profond de mon être, que je ne m'expliquais pas et qui durait (je sais maintenant que c'est le Seigneur qui m'appelait au repentir). Lorsque je me suis mise en prière, je me suis alors laissé emporter dans les larmes et les sanglots et j'ai vécu une expérience nouvelle, unique, de la miséricorde de Dieu: j'ai vu le Christ se vidant de son Sang sur la Croix et j'ai su que par mes larmes le Seigneur me vidait de mon péché (de l'eau souillée qui m'habitait) pour m'emplir de son Sang! J'ai vécu dans mon être la purification dans le sang de l'Agneau de Dieu! Je me suis sentie emplie d'une vie nouvelle, revêtue de l'Amour de Dieu!

Devant cette manifestation de la puissance divine, Satan n'a pu que reculer et les fantasmes m'ont quittée et, s'ils reviennent parfois me tenter, j'ai le nom puissant de Jésus pour les repousser et la certitude de son salut définitivement offert. Quand aux affiches et aux films, s'ils demeurent, je me sais maintenant libre devant eux en Christ, forte devant eux en Jésus, et elles sont devenues pour moi objets de révolte, de refus au nom de tous ceux qui, consciemment ou pas, en sont esclaves comme je l'ai été.

Ma sensualité: toujours un terrain de vie

Je voudrais rajouter que ma sensualité, le Seigneur me l'a laissée et je sais maintenant qu'elle est bonne en elle-même,œuvre du Seigneur, don de Dieu en moi, et qu'un jour II me donnera de la vivre pleinement avec Lui dans la vérité et la pureté, qu'en Lui elle n'est plus terrain d'esclavage, mais terrain de vie. Je sais maintenant que le Seigneur ne nous prive de rien pour peu que l'on soit prêt à le partager avec Lui, à Lui laisser en disposer pour I qu'il yœuvre pour la Vie éternelle, la nôtre et celle de flous. Au contraire, le Seigneur fait éclater, multiplier démesurément la richesse de tout ce qui est en nous, il n'est plus de crainte à avoir, que confiance et abandon. Dieu a mené en moi uneœuvre de purification et de libération pour la vie en plénitude et en éternité, et je me sens appelée à participer dès maintenant avec Lui à cette .œuvre dont je sens pleinement l'urgence dans notre monde, auprès des jeunes (et moins jeunes) perdus dans l'illusion du plaisir, de l'amour facile, de la “liberté” sexuelle que leur offre la société, au travers de l'éducation et des médias avec l'acharnement d'une folie destructrice. Le Seigneur m'a offert la Lumière, la Vérité, la Vie avec tendresse, patience et miséricorde, m,'amenant de la mort à la vie et je voudrais maintenant éclairer avec Lui tous ceux qui marchent dans les ténèbres du mensonge, par la voix où II me placera (célibat, mariage...) et dans la fidélité à sesœuvres.

Nicole, 22 ans

Ce temps de maturité, un instant brisé

Quand j'avais 17 ans, je n'étais jamais sortie avec un garçon et j'étais très culpabilisée de ne l'avoir jamais fait. Je me sentais un peu marginale.

C'est un sujet que je n'abordais jamais. J'avais une activité dans l'Eglise, mais je ne savais pas à quoi Dieu m'appelait. Alors pendant mes études d'infirmière, j'ai donné ces trois années au Seigneur. Et ce temps fut pour moi comme un temps de maturité, comme un enfant qui apprendrait à marcher. Si on le met debout à 2-3 mois, il se casse la figure. C'était un peu pareil pour moi. Je n'aurais pas pu tenir debout dans une telle situation. Au bout de ces trois ans, j'ai compris que mon appel était dans le mariage. J'ai dit au Seigneur: “Puisque c'est à ça que tu m'appelles, permet-moi de rencontrer quelqu'un”. Je me sentais toujours un peu coupable de ne pas avoir eu cette relation avec un garçon... Je me disais: “Si je dis aux autres que je n'en ai pas, on va me juger.” Je ne comprenais pas l'importance de mon corps. Je n'avais jamais réalisé à quel point c'était beau d'avoir à offrir son corps au Seigneur et à son époux.

J'ai donc rencontré un garçon et je l'aimais beaucoup; avec lui, je me sentais très bien. Mais je n'arrivais pas à lui témoigner mon amour. J'étais complètement bloquée, je ne savais pas comment faire. Je voyais mes camarades qui avaient l'air d'être tout à fait libres avec leur corps; alors je me suis dit: “C'est peut-être ce que tu as à faire toi aussi.” Même au niveau du baiser, j'avais du mal, je ne me demandais si c'était bien ou pas bien. Je n'arrivais pas à assumer cette relation. Entre temps, j'ai commencé à travailler à l'hôpital, dans un service où j'étais la plus jeune.

J'ai 25 ans et la moyenne d'âge tournait autour de 30-35 ans et toutes les personnes avec qui je travaillais avaient des relations à droite ou à gauche, mais n'étaient pas mariées. Dans le lot, il y avait seulement deux femmes mariées, sur un service de huit infirmières.

Souvent, dans ce milieu-là, on parle de son copain, etc. Et quand on s'adressait à moi, j'osais pas avouer que je n'avais pas eu de relations sexuelles. Je répondais vaguement: “Oui, j'ai un copain.” C'était vrai. Mais j'étais très évasive. Un jour, on m'a posé la question... “Tu as déjà couché avec un garçon ou pas? J'ai dit: “Oui! oui!” J'ai menti et cela a été très dur à assumer ensuite. Parce que je me suis dit: “Tu ne l'as jamais fait, tu as menti... Eh! bien... Après tout, tu vas le faire!” Comme j'étais d'après-midi, je terminais à 9h. Je suis allée chez mon copain... Voilà et de fil en aiguille, ça c'est fait. C'était bien, il me faisait découvrir mon corps. Je n'avais jamais eu le contact physique avec moi-même. Bien sûr, je m'étais regardée dans une glace, mais ça n'avait pas la même dimension... Je lui ai cédé. De toute façon, puisque je l'aimais et je croyais qu'il m'aimait. J'ai accepté d'avoir cette relation. Mais je me suis aperçue que pour lui, je n'étais qu'un jouet, une fille de plus qu'il pouvait compter à son actif. Quand je m'en suis aperçu, c'était trop tard. Et j'ai compris que j'avais fait la plus belle connerie de ma vie. J'avais accepté de donner mon corps à quelqu'un qui ne m'aimait pas. Alors que pendant ces trois ans j'ai essayé de mûrir pour être disponible à celui que le Seigneur voulait me donner. Et là je me suis donnée au premier venu sans chercher à le connaître. Je ne le connaissais pas, au fond. C'est un garçon qui me plaisait et c'est tout. Je ne l'avais pas rencontré en lui-même. Je me suis livrée à lui carrément, sans savoir la portée que ça pouvait avoir pour moi, les blessures que ça procurerait en moi. Quand j'ai réalisé ce que je venais de faire, je me suis sentie très coupable. Je me suis dit: “Maintenant, que vas-tu offrir à ton mari...? Rien, plus rien. Je ne pourrai pas lui dire: Tu vois, je suis pure. Je ne le serai pas.” Donc, j'ai eu beaucoup de difficultés à accepter. Et puis, j'ai eu la chance de pouvoir m'en confier devant un prêtre qui m'a donné le sacrement du pardon. J'ai découvert aussi, combien le PÈRE m'aimait, pour accepter encore une fois, que je devienne pure devant lui. Et même si c'est pas la pureté de mon corps que je pourrai donner à mon mari, ça sera la pureté de mon âme. Mon âme est pure devant Dieu.

Marie-Paule. 24 ans.

Maintenant, je l'aime pour sa beauté de Dieu

(...) Lorsque j'ai rencontré le Seigneur en 1979, j'étais au fond du trou... vie sexuelle très perturbée: homosexualité, rapports avec des femmes mariées, dont une avait eu un enfant de moi qu'elle avait avorté... Après tout cela, j'ai eu envie de me donner complètement au Seigneur et j'ai vraiment redécouvert ce qu'était l'AMOUR, le Vrai, celui que j'avais cherché avec mes parents, mais qui, perdus dans les soucis du monde, ne se rendaient pas compte de mon BESOIN; car je ne manquais de rien, mes parents travaillaient beaucoup pour cela, mais ils étaient absents pour moi: absents d'amour, Dieu seul a comblé ce manque. Depuis deux ans et demi, j'ai commencé à aimer une fille du groupe de prière (pour une fois, je ne l'aimais pas pour sa beauté physique), mais j'ai cru que c'était passager, je ne m'en suis pas inquiété, et lorsque nous avons été séparés pendant les vacances de Pâques 1981, j'ai compris que je l'aimais, car elle me manquait. Mais j'ai attendu, j'ai beaucoup prié, jusqu'en août 1981 où je suis allé à Ars avec quelques amis, et là, j'ai remis ma vie au Seigneur en lui disant: “Que Ta volonté soit faite: prends-moi tout pour Toi, si tu le veux, mais Tu sais que j'aime B. et je sais que lorsque Tu mets un désir dans le cœur de quelqu'un, c'est que Tu veux le réaliser...”

Pendant ce temps, chose que j'ai apprise depuis peu, B. faisait la même prière que moi. Ce que je voudrais te dire pour que tu puisses le dire à d'autres jeunes: combien il est important de vivre un temps complètement donné au Seigneur, et que l'attente, même si elle est longue et difficile à supporter, est pleine de grâces; pour moi, deux ans et demi: ça a été très long, très dur d'aimer sans réciprocité, dans l'espérance de Dieu et de sa Parole, c'est dans l'attente et dans la foi, que les cœurs se préparent et les regards changent. Mais je peux dire que cela était nécessaire car mon regard a beaucoup changé par rapport aux filles, aux femmes, et à B.

Avant, quand j'aimais une fille, c'était pour sa beauté physique, cela durait trois jours. Maintenant j'aime B. pour sa Beauté de Dieu, je l'aime car mon cœur est extrêmement blessé par son corps qu'elle n'a pas respecté, lorsqu'elle était plus jeune.

Nous nous sommes partagé cela, et je crois pouvoir dire que ce que j'ai vécu était indispensable pour que nous puissions nous aimer toute une vie; maintenant, nous nous sommes promis de ne pas faire l'amour tant que nous ne serions pas mariés, et nous avons offert vingt jours sans s'embrasser pour tous les jeunes qui ne savent pas que l'on peut s'aimer sans s'embrasser et faire l'amour.

Je découvre aussi combien une vraie femme est belle: je dis “vraie”, car je pense à une femme qui vit de Dieu par rapport à toutes ces femmes qui veulent prendre la place des hommes... et qui perdent ce qu'il y a de plus beau en elles: la grâce de Marie, cette douceur, cette qualité de présence priante à côté de Jésus, peut-être pas très bavarde, mais toujours là lorsqu'il le faut avec cette intuition (comme à Cana) de connaître les besoins des autres... Bon je m'arrête, car je vais de découverte en découverte...

Philippe, 23 ans.

Mais voilà que, deux ans après son mariage avec B., Philippe était fauché par une voiture. Sa petite épouse m'a envoyé sa photo avec la simple mention: “Philippe, époux du Christ”. “Je te dis que si tu crois tu verras la gloire de Dieu!”; et m'avoue recevoir de sa présence au ciel, une grâce incroyable de joie.

J'aurai attendu ce moment-là!

S'il n'y avait eu que l'homme pour donner la vie, je ne serais pas là, à vous parler... puisque je n'ai pas été désirée, loin de là! Les premiers mois, ma mère a beaucoup pleuré. Même si après, ils m'ont montré qu'ils m'aimaient, j'avais toujours cette blessure qui restait en moi. A 14-15 ans, toutes les preuves d'amour qu'ils pouvaient me montrer n'étaient pas suffisantes, puisque je me sentais seule, seule, et me disais: “Je n'aurais pas dû naître, c'est un accident.” J'ai 23 ans, et il y a 23 ans, il n'y avait pas tous les contraceptifs actuels... Sinon, je ne serais pas là aujourd'hui.

A 15 ans, j'ai compris que ce n'était pas mes parents qui m'avaient donné la vie, mais qu'il y avait QUELQU'UN d'autre et que c'était DIEU... Et parce que DIEU m'aimait, II avait voulu que je naisse malgré tout, malgré toutes les barrières qui avaient été mises. C'est là vraiment que j'ai senti combien c'était grand, combien ça dépassait l'homme.

Cette année, j'ai vraiment vécu une chose très douloureuse: j'étais étudiante en fac, et dans mon cours il y avait une fille enceinte. Ses parents lui avaient dit: “Quand on a un enfant et qu'on ne le veut pas, on se fait avorter.” Pendant un mois, on a entrepris un tas de démarches parce que cet enfant, elle le voulait au fond d'elle-même. Elle avait conscience qu'elle portait la vie en elle. Elle avait même fait une échographie, elle avait vu le cœur battre... Cet enfant, il aurait dû naître après Noël, elle avait même décidé de l'appeler Noël. Mais le garçon qu'elle aimait n'a pas accepté cet enfant. Si bien que ça a été un déchirement pour elle, elle s'est quand même fait avorter. Ce fut très dur, elle savait tout ce que représentait cet enfant pour elle, car elle “tait très lucide. “Cet enfant, c'est un peu ma chance, j'ai fait un tas de bêtises, si maintenant je suis assez forte pour le garder, toute ma vie sera changée, il faudra que je me débrouille pour l'élever, le faire vivre...”

Elle s'est retrouvée toute seule, et la voilà avortée. Si vous aviez vu comme elle était toute triste! Une cassure en elle! Quand on dit qu'un avortement c'est rien... Je vous dis que c'est faux!

Il faut beaucoup prier pour elle, et pour son enfant, ce petit Noël qui devait naître. On ne joue pas avec la vie, parce que ça va trop loin, parce que cet enfant qui ne demandait qu'à vivre, sa vie s'est arrêtée trop vite.

Très jeune, mes parents m'ont poussée, au nom de la libération de la femme, à être libre. Ils m'ont mis entre les mains un tas de livres pour m'informer, en me disant: “Ta vie, tu en fais ce que tu veux.” Mais au fond de moi, il y avait quelque chose qui disait “non”. Je crois que j'ai vraiment été protégée de ce côté-là. J'ai toujours refusé de sortir le soir avec des garçons. L'un après l'autre, je leur ai dit “non” parce que je me disais: “Si un jour tu te maries, celui avec lequel tu te maries, tu n'arriveras pas à lui dire: “Je t'aime” si tu as dit bien des fois à des garçons différents: “Je t'aime! Je t'aime!” Ce sera un mot dépouillé de son sens. Et partout, au collège déjà, j'étais isolée, car tout le monde savait bien que je n'étais jamais sortie avec un garçon. On se moquait de moi tous les jours, mais on le savait. Après mon bac, je suis donc arrivée en fac. Je me trouvais beaucoup trop jeune. Je me disais: “Pour moi, aimer quelqu'un, ça engage toute une vie, je voulais autre chose que des amours sans lendemain, ce qui faisait que je restais seule. Puis peu à peu entre étudiants et étudiantes, on forme assez vite un petit groupe. Certaines fois, il y avait des sorties que j'évitais au maximum. J'ai été à quelques-unes, mais je ne me sentais pas à l'aise. Même si rien ne s'était passé, j'avais vu tant de choses sous mes yeux. Avec les filles qui partageaient la vie avec moi, j'avais toujours des années de retard... Elles, elles sortaient avec un garçon. Elles-mêmes ne savaient plus où elles en étaient, tantôt avec l'un ou avec l'autre, elles étaient prises comme dans un engrenage... Je voudrais vous dire que ce n'est pas facile de vivre cette situation-là, puisque je veux me garder pure, et que ce soit du solide si un jour je me marie. Souvent, j'étais en butte à des moqueries, à des attaques. Un soir, les filles sont venues me voir dans ma chambre pour me prouver que j'étais anormale de ne pas faire comme elles. Mais au fond, je sentais qu'il y avait comme un cri en elles. Elles se rendaient bien compte combien elles étaient malheureuses, et je voyais leur tristesse. Aimer quelqu'un pour la vie, c'est pour tous, c'est pas réservé à quelques-uns, c'est à la portée de tous. C'est pour tous, C'est ce qu'on doit essayer de faire. Actuellement, je ne sais pas du tout ce que sera mon avenir. Mais tout ce que je sais, c'est que si un jour je me marie, j'aurai attendu ce moment-là jusqu'à ce jour.

Isabelle, 22 ans.

Ce coin blessé de mon cœur

Je suis née dans une famille chrétienne et très unie, je ne manquais jamais d'amour ou de tendresse.

Pourtant à l'âge d'environ 8 ans, j'ai fait ma première expérience avec les garçons. Je passais mes vacances dans une ferme où il y avait d'autres jeunes. Le soir, on se retrouvait dans la grange où j'ai embrassé, pour la première fois, un garçon. On jouait un jeu où on devait soit embrasser quelqu'un sur la bouche, soit dire comment on aime un tel ou tel présent. J'aimais beaucoup ce jeu-là parce qu'il y avait parmi ces garçons, un, dont j'étais amoureuse et je n'avais pas de mauvaise conscience en jouant à des jeux pareils. Pourtant je ne le racontais pas à mes parents et très vite ce jeu se jouait aussi avec mes camarades de classe, presque à chaque anniversaire.

Je remarquais qu'on ne le jouait que le soir dans l'obscurité, et bien sûr, jamais en présence d'un adulte. Ensemble, avec mes copains, on avait qu'un seul thème: “les garçons”, et c'était vraiment pour moi rien d'anormal.

Quand j'avais 12 ans, ma famille a changé de ville, j'allais à une école privée où il n'y avait que des filles et au début je n'avais pas de contact avec les garçons et à l'âge de 13 ans, j'avais mon premier copain. Je l'avais rencontré pendant les vacances et ça ne durait alors que deux semaines. Il y suivait pas mal d'autres copains jusqu'à l'âge de 16-17 ans où Jésus-Christ est devenu “homme” dans ma vie, où j'ai compris qu'il est vraiment vivant, qu'il m'aime puas que personne et qu'il ne désire rien d'autre que de me rendre heureuse en transformant ma vie.

Heureusement, II m'avait toujours préservée d'avoir des relations sexuelles parce qu'à l'âge de 7 ans j'avais été agressée par un homme, et dès qu'un garçon comptait sur une relation sexuelle, j'avais coupé l'amitié. Mais quand Jésus prit place dans ma vie, j'ai aussi compris que ce n'était pas juste d'avoir un ami après l'autre et j'étais décidée de vivre davantage la chasteté. Mais ça ne m'empêchait pas de tomber amoureuse et malheureusement je ne tenais pas toujours mes promesses. A 19 ans, je n'avais plus qu'un seul ami, mais j'étais toujours amoureuse. Puis, le Seigneur m'a demandé de vivre une année de “célibat d'amour”, de ne me concentrer que sur Lui. Au début ça allait, mais très vite je me suis aperçue que j'étais encore tombée amoureuse et que je n'arrivais pas à arrêter ma sensibilité envers les garçons. J'étais déçue et réalisais que ce n'était pas normal d'être toujours amoureuse. Je croyais être anormale et ne jamais être guérie. Mais un jour, pendant un temps d'adoration, le Seigneur m'a fait comprendre les raisons de ma sensibilité: il me faisait réfléchir combien de garçons j'avais déjà embrassés. C'était un grand nombre et j'avais commencé très tôt. Le Seigneur m'a fait comprendre que je n'étais alors pas anormale parce qu'en commençant très tôt à avoir des petits copains, j'avais ouvert quelque chose en moi qui était maintenant ouvert et avait besoin d'être satisfait et que Lui seul pouvait refermer ce coin blessé de mon cœur.

Et maintenant, je veux te conseiller si jamais tu as les mêmes problèmes: cherche la raison et laisse-toi guérir par le Seigneur. Je sais que si jamais II veut que je me marie, II ne m'a choisi qu'un seul garçon qu'il me montrera quand je serai prête. Pour lui, je veux garder mon corps pur, et j'ai confiance que le Seigneur me le fera découvrir.

Je te conseille encore de te confier à Marie, qui est pour moi la pureté et chasteté en personne.

Ingrid, 20 ans.

Les handicapés me donnaient la vie: je pouvais aimer!

J'ai beaucoup aimé tout ce que tu as dit sur l'amour et la sexualité. C'est bien ce qui touche le plus profondément et ce dont on a le plus de mal à parler. Pour moi, je me suis souvent construit de grands murs de silence à propos de cela “ayant peur” de ne pas être comprise. D'abord quand j'avais 15 ans, je suis sortie avec un garçon sans le désirer. J'avais tellement peur que je n'osais rien dire. On m'a pour ainsi dire mise dans ses bras. J'étais quelqu'un de très naïf: je voyais le monde avec un voile devant les yeux et tout a été très brusque cette année-là. Dans ma classe on s'est aussi beaucoup moqué de ma naïveté, surtout au niveau de la sexualité. Alors je me suis renfermée dans le silence de la souffrance et de la peur.

Cela peut paraître banal mais c'était comme une première fissure dans mon cœur qui allait s'agrandir par la suite. Bien sûr à ce moment-là, je me suis beaucoup haïe d'être sortie avec ce garçon. Je me traitais de tous les noms. La seule solution pour moi a été de fuir avant que cela n'aille trop loin.

A la fac, un homme a commencé à me regarder et quand pour moi c'est devenu comme un regard d'amour, j'ai eu très peur car je ressentais aussi beaucoup d'attirance. J'ai cristallisé sur lui tout ce qu'il y avait de plus beau au monde mais en même temps physiquement j'étais terriblement angoissée au point de ne plus pouvoir manger, de beaucoup trembler et de hurler intérieurement car pour moi c'était en même temps quelque chose d'impossible. Quand il a voulu venir vers moi et me parler, je n'ai rien répondu. C'était encore le mur du silence et de la peur. Et j'ai terriblement souffert de cela. Je suis allée tous les jours voir Marie, dans une petite chapelle voisine. Elle portait dans sa main un petit oiseau. Comme cet oiseau blessé je me suis posée dans sa main. Et elle m'a consolée. Elle m'a peu à peu redonné la Paix. J'ai commencé à comprendre la beauté de ce mystère de Jésus sur la croix: Amour et souffrance.

Mais bien sûr comme j'avais besoin d'aimer, d'être aimée, j'ai continué d'aimer beaucoup, beaucoup. L'amitié a été un si grand réconfort. Quelque chose de pur et beau.

J'ai rencontré un garçon qui très vite m'a dit qu'il était très amoureux de moi. Pour lui ce qui comptait c'était surtout le sexe. Très vite, nous sommes sortis ensemble et il m'a appris la masturbation. Mais je n'ai pas voulu coucher avec lui. Pour lui, je n'étais pas libre, égoïste. C'est un mot qui est resté très longtemps gravé dans mon cœur comme quelque chose qui torture. Je me suis haïe encore plus à partir de ce moment-là. Ce garçon m'a aidée en même temps car pour moi, la relation entre un homme et une femme est devenue plus quelque chose de normal. Lui, il ne voulait vivre que des amours passionnées et courtes. Il avait une petite amie dont il était fidèle spirituellement comme il disait, et entre temps naviguait à droite et à gauche. Je suis sortie de cette relation très déboussolée et perdue par rapport à mon affectivité. J'avais découvert ma sensualité et continuais de la découvrir dans la masturbation. Au début, je faisais cela plus par curiosité. Très vite, je me suis rendu compte comme cela m'enfermait et me faisait encore plus souffrir. Mais je ne pouvais m'arrêter.

J'ai commencé à connaître un foyer d'handicapés. Tout de suite je m'y suis sentie chez moi, en communion avec ce genre de vie. Là c'était une joie de découvrir des frères, des sœurs animés par ce même désir d'aimer dans la pureté, dans la simplicité et totalement les autres. J'ai compris la violence qui cache beaucoup de souffrance, j'ai compris la beauté de chacun, sa petitesse, sa vulnérabilité et comme nous sommes tous handicapés à notre niveau et tant de choses encore!

Les personnes handicapées me donnaient la vie, et je pouvais aimer, aimer! 'Mais si cette période a été très belle, elle a été très très dure aussi pour moi. J'ai aimé tout de suite un assistant. Il me ressemblait beaucoup. Je trouvais cela extraordinaire. C'était certainement une façon de m'aimer à travers lui. Et je l'idéalisais beaucoup aussi. Aller vers lui, c'était aller à la fois vers un abîme de lumière et un abîme de souffrance — pendant deux ans je me suis abîmée à croire qu'il m'aimait lui aussi. C'était pour moi une certitude. Et bien des fois je suis allée jusqu'au bout de l'insupportable, complètement dépendante de cette passion, de cette illusion. J'étais encore angoissée et me heurtais encore à tous les murs dont je m'étais entourée.

D'une certaine façon nous nous sommes portés l'un et l'autre. Je savais qu'il comprenait ma souffrance sans la comprendre entièrement. Il me portait dans sa prière. Car il avait une très grande foi et aller vers lui c'était aller, pour moi, vers Jésus (comme Joseph pouvait se rapprocher de Dieu en restant près de Marie). Je lui apportais de l'espérance dans les périodes difficiles pour lui car je sentais bien comme son chemin de guérison était dur. Au niveau spirituel, ce foyer d'handicapés m'a beaucoup appris. A ce niveau-là, c'était comme une sécurité d'y être.

Mais j'ai dû quitter au bout de neuf mois car c'était trop fatiguant pour moi. Cette nouvelle incertitude m'a poussée plus dans la foi. Dans cette nouvelle souffrance, j'ai découvert vraiment la Présence Réelle de Jésus dans l'Eucharistie et puis le texte des disciples d'Emmaùs a pris toute sa signification.

J'ai commencé à travailler avec des enfants dans un centre de loisirs. Cette nouvelle réalité du monde du travail était encore très dure. Tous les soirs, je prenais un temps, avec Jésus (même si c'était plutôt creux!). Je lui demandais de m'apprendre à prier.

Un après-midi aussi je marchais dans la campagne et je louais Dieu pour toutes ces merveilles qu'il faisait en moi. J'ai ressenti à ce moment-là une joie totalement indescriptible. C'était le bonheur de celui qui se sent libéré de son péché. Parce que c'est sur la croix que l'on aime le plus en vérité, gratuitement. Je me sentais si heureuse, si légère, si libérée.

Cela fait deux ans à présent. Depuis, ce chemin de lumière est de plus en plus beau. Jésus m'aide tout doucement à guérir dans l'Eucharistie, à travers le sacrement de Réconciliation. Adorer Dieu, c'est comme monter sur une douce colline et s'asseoir là, face au soleil, laisser faire... Il y a aussi cette route si belle de la Bible, tous ces petits événements, ces rencontres qui poussent en avant, qui ressuscitent dans les moments plus difficiles. Donner Jésus c'est une si grande joie!!! En revenant de Paray j'étais heureuse de pouvoir donner une image du Saint-Suaire à un jeune qui était à côté de moi dans le train. En lui disant comme Jésus m'avait touchée dans ma vie. Quel bonheur de se laisser de plus en plus faire pour donner Jésus au monde, pour enfanter les autres à la Lumière comme Marie.

Marie-Christine, 21 ans.

Je redécouvre la beauté de mon corps

A 18 ans, je suis rentré en fac. Jusque-là, j'avais eu de l'amour et du corps une conception très haute, trop haute. Ce que j'en ai vu à la fac, très “libertine” m'a complètement déstabilisé.

Je me suis dit: “Pourquoi ne pas faire comme eux? Ils n'ont pas l'air si malheureux.” Je suis tombé, “banalement” presque, dans tous les pièges: le sexe, l'alcool, la drogue... le parfait cercle vicieux. Je me suis cru libre, adulte.

Après ma première “expérience” sexuelle, j'ai eu ce sentiment paradoxal d'avoir violé et d'avoir été violé dans ce que j'avais de plus précieux: ma virginité. Ça peut paraître stupide de la part d'un mec et pourtant...

J'aurais pu me ressaisir. J'ai décidé de persévérer, de m'ouvrir désormais à toutes les expériences possibles, prenant pour principe qu'on ne regrette que les folies qu'on n'a pas faites!... Je suis très vite devenu blasé, faisant l'amour comme on fait autre chose. Le désir était devenu besoin, de plus en plus insatisfait. Pas trop mauvais séducteur, j'étais — malheureusement! — devenu assez populaire... surtout auprès des filles. La bouteille et moi sommes devenus d'inséparables compagnons. Je suis devenu aussi, esclave de la masturbation. Comme de l'homosexualité. Je faisais de mon corps un dieu, et du corps des autres un objet.

Au bout de deux ans de cette vie de débauche, j'étais complètement délabré, dans mon cœur et dans mon corps. Deux petites tentatives de suicide, mais deux grands miracles.

Si je pensais peu à Dieu, Lui pensait à moi! Outre cette protection vis-à-vis de la mort, II est parvenu, par l'intermédiaire d'une fille dont j'étais un peu amoureux, à m'attirer à une retraite et un pelé à Rome, avec une bande de “cathos”. Mais je n'étais pas prêt. Il y a eu aussi cette vidéo sur le Saint-Suaire, cette conférence de Jean Vanier, de Guy Gilbert... Bref, par tous les moyens, II me faisait des petits signes pour me montrer la Vie. Je ne les voyais pas. Au contraire, je devenais de plus en plus seul, révolté, dépité.

Mais malgré toute cette boue, ce cynisme, tout mon cœur et tout mon corps n'ont jamais crié autre chose que: TENDRESSE!

Le Seigneur est venu me rejoindre un peu avant Pâques. A ce moment, je vivais en concubinage; je n'avais plus de goût à rien, et me préparais à redoubler mon année; j'envisageais d'en finir, sérieusement, pour de bon. Dieu ne l'entendait pas de cette oreille et a sans doute jugé que j'avais fait assez de bêtises!

C'est tout simplement et avec une infinie douceur, qu'il m'a mis dans les mains (chez des amis “Cathos”) une revue très chrétienne (Feu et Lumière). Les pages transpiraient de paix, d'une tendresse ineffable... Je me suis vu en toute lucidité, j'ai vu le “monstre” que j'étais devenu. J'ai contenu les larmes qui me venaient aux yeux. Sans réfléchir, guidé — mais sans le savoir — par Dieu en personne, je débarquais, quelques jours plus tard dans le petit monastère que je connaissais déjà de nom.

Après “Lui” avoir résisté pendant une semaine, Sa Tendresse m'a enfin vaincu! C'était le jour des Rameaux.

“Zachée, descends vite: il me faut aujourd'hui demeurer dans ta maison.” Lc 19,5

Sa tendresse, Sa Miséricorde, m'ont envahi; presque traumatisé! J'étais sauvé. Mais pas guéri.

Les difficultés, les blessures que j'avais de ma relation avec mon père, m'empêchaient d'accepter cet amour et de reconnaître le Christ. J'ai eu la grande grâce, quelques jours plus tard, de faire un mini-pelé dans la chambre de Marthe Robin (Chateauneuf-de-Galaure). Là, redoublement de grâce, et d'amour! C'est dans cette petite chambre que, par Marie, je me suis mis “tout naturellement” à pardonner à toutes ces filles que j'avais connues et à prier pour elles. En même temps je m'ouvrais à toute la tendresse maternelle de Marie.

Et c'est par Marie que je suis “arrivé” au Christ, encore un peu plus tard, lors d'un sacrement de réconciliation inoubliable — et pour cause! Là, j'ai compris que le Christ était mort pour mes péchés, et pour me donner Sa Vie, son Bonheur. Quelle grâce!

Je suis resté trois mois dans le monastère. J'y ai continué à boire, et mes liens avec la masturbation n'étaient pas encore complètement rompus. Mais là, j'ai compris que la Foi en Jésus-Christ n'empêche pas de chuter, mais permet de se relever, et d'être élevé toujours un peu plus vers l'amour.

Je peux humblement témoigner que jusqu'à ce jour, le Seigneur, petit à petit, jour après jour, m'a guéri et me guérit encore. J'affirme avec certitude que l'Eucharistie quotidienne, l'adoration de Jésus-Hostie et bien sûr, les sacrements de réconciliation, ont été, et sont encore, les chemins par lesquels Dieu me guérit dans mon CORPS, ma MÉMOIRE et mon AFFECTIVITÉ.

Je redécouvre la beauté de la femme, ce chef-d'œuvre de la Création, en qui Marie est toute bénie de Dieu.

Je peux également dire que le Seigneur m'a rendu la virginité; II m'a renouvelé dans cette pureté originelle du corps et de l'esprit, car:

“Quand bien même ses péchés seraient rouges comme écarlate, je les rendrais blancs plus que la neige.” (Dieu en Israël.)

Je redécouvre la beauté de mon corps. Car nos corps sont autant de fruits visibles, autant d'éclosions uniques, de la Pensée amoureuse et Créatrice de ce Dieu d'Amour!

Et je voudrais simplement te partager cette espérance que Dieu, jour après jour, me cheville aux tripes: Dieu est Amour; Jésus-Christ est ressuscité, et Lui seul peut étancher toutes nos soifs, au-delà de toutes nos espérances! Car ce qui est impossible aux hommes est possible à l'Amour!

Ton bien petit frère, Jean-Pascal, 21 ans.

Cette arme pouvant séduire ou blesser

Mes parents m'ont élevée dans la foi: j'avais par là même acquis certaines valeurs morales, mais elles étaient plus des préceptes imposés, auxquels je n'adhérais pas de moi-même. J'y croyais pourtant, jusqu'au jour où après une déception amoureuse, je remettais tout en question. Après tout, quel avantage avais-je eu de ne pas coucher avec ce garçon que j'aimais? Cela aurait été toujours cela de pris, j'aurais au moins eu quelques souvenirs de bonheur avec lui; là, il ne me restait plus rien! Je décidais donc de me débarrasser de cette virginité qui m'encombrait. Je pensais que maintenant avec la pilule, on pouvait profiter davantage de la vie. Très rapidement, je me rendis compte que le corps était une arme dont je pouvais me servir pour séduire ou blesser.

Néanmoins, je ne trouvais pas le bonheur ni l'amour auquel j'aspirais tant. Il y avait comme un vide en moi. Je ne me donnais pas entièrement, et comment l'aurais-je pu avec des garçons que je ne prenais pas le temps de vraiment connaître? Je me sentais de plus en plus seule tout en étant entourée de beaucoup d'amis. Je ne voyais pas d'issue, je ne croyais plus à l'amour et je fis une dépression nerveuse où je voulus me suicider. C'est à ce moment-là que le Seigneur est entré dans ma vie, à travers le sacrement de Réconciliation que m'a donné un prêtre. Le sacrement est pour moi la chose la plus merveilleuse qui me soit arrivée. En effet, de moi-même, je ne pouvais pas m'en sortir, mais en remettant au Seigneur tous mes péchés, mais aussi toutes mes blessures, je lui donnais la possibilité de faire de moi quelqu'un de neuf. Il me redonnait cette pureté que j'avais perdue, prenant sur Lui tout ce que j'avais pu faire. Ce fut pour moi une conversion radicale, mais voilà, tout n'était pas forcément gagné, car la vie avait laissé ses marques dans mon corps et mon esprit, et je risquais très rapidement de retomber dans ce qu'avait été ma vie. La différence par rapport à avant, c'est que désormais j'avais les armes que le Seigneur m'avait données pour me battre: le sacrement du pardon pour me relever à chaque fois que je tombais, et l'Eucharistie. L'Eucharistie a été pour moi ma guérison. J'allais tous les jours à la Messe (ou au moins le plus souvent possible). Et je communiais. Je réapprenais petit à petit ce qu'était l'amour, le vrai. Je recevais le Corps de mon Seigneur, qui dans l'hostie se donnait totalement à moi par amour. Là où il y avait eu désir de mort, II mettait sa vie. L'étape suivante fut l'adoration, où là, j'apprenais que l'on pouvait airher gratuitement, sans vouloir forcément posséder tout de suite. L'adoration de Jésus-Hostie était en fait un échange de regards. Le Sien qui me faisait comprendre que j'étais aimée comme j'étais et que j'étais unique à ses yeux et le mien qui découvrait toute la beauté et la pureté d'un amour partagé. Je découvrais que pour aimer il faut d'abord s'observer pour essayer de se connaître mieux.

Voilà donc comment le Seigneur m'a réapprivoisée à la vie. J'ai compris que les sacrements n'étaient pas une obligation morale mais un réel besoin. Cela me permet de tenir dans cette pureté qui le moment venu me permettra de vivre un amour de façon accomplie.

Marie, 21 ans.

Moi je joue la carte de l'exigence

Depuis ma première rencontre avec Jésus, j'en suis tombée amoureuse et j'ai voulu Le suivre (évidemment!), en portant ma croix qui est celle du déchirement de ma famille, (cousins, cousines, oncles et tante) autrefois si unie — car ma grand-mère a toujours élevé ses sept enfants dans l'amour et la foi —, mais aujourd'hui cassée: yoga, zen, méditation transcendantale, réincarnation, concubinage, divorce, plusieurs s'écartent de l'Eglise. Il y a aussi l'argent qui fait des ravages, mais c'est d'un fléau bien plus grave que je veux te parler: les flirts!

Tant de couples se séparent, tant de jeunes sont en train de se fermer à l'amour parce qu'on ne leur a pas dit la vérité sur l'amour, que c'est aujourd'hui une question de vie ou de mort pour le monde de demain de redire la vérité.

Quand on est petit, on a une vision très belle, très pure de l'amour, ce sont les autres qui la corrompent. Personnellement, depuis toute petite, j'ai senti cette vocation au mariage et je pensais que le seul garçon que j'embrasserais serait mon mari. Mais voyant que ma propre sœur sortait avec des garçons comme la plus normale des choses, ainsi que tant de jeunes autour de moi, j'ai commencé à me poser des questions: est-ce que j'étais bien normale, à 15 ans, de n'avoir pas encore eu d'expériences amoureuses?! C'est à Paray, en 1986, que j'en ai eu la réponse: tu avais parlé,de la chasteté. Ce jour-là j'avais été radicalement “convertie” à la pureté, et après avoir lu ton petit bouquin Ton corps fait pour l'Amour j'ai décidé de “poser un des actes les plus forts qu'on puisse poser: se refuser aux provocations de l'impureté. A quelque prix que ce soit” (je cite). Si tu savais combien il m'en coûte! Le monde me pousse à la facilité, à la consommation rapide de l'amour, et moi j'ai choisi l'exigence. Le monde me pousse à jouer à l'amour, c'est-à-dire à flirter, et moi je joue la carte de la chasteté. Le monde crache sur la fidélité et la famille, et moi je ne rêve que d'avoir des enfants. J'ai compris que le chrétien était dans le monde mais n'était pas de ce monde, et c'est si dur d'être en contradiction avec les autres que bien souvent la tentation de faire comme tout le monde me livre à un dur combat. A chaque fois, il m'a fallu résister de toutes mes forces à des garçons de 20-25 ans qui voulaient sortir avec moi et qui me plaisaient beaucoup, en plus... Seigneur, que c'est dur de ne pas céder aux plaisirs de la chair! Car je sais bien que ces garçons (mais moi aussi) ne recherchaient que le plaisir que je pourrais leur procurer. C'est Marie qui me permet de tenir dans ma pureté, et quand je sens que je vais me laisser entraîner, elle me crie: “Véronique! Pense à celui qui vit quelque part en ce moment même, que tu ne connais pas encore et qui sera ton mari, NE LE TRAHIS PAS!”

Ce n'est pas seulement de trahison qu'il s'agit pour les jeunes qui changent de partenaires comme ils changent de chaussettes, mais de blessures suppurantes (même sans aller jusqu'aux relations sexuelles. Je connais des tas de jeunes qui ne sont pas allés jusque-là mais qui déjà sont blasés, ils ne croient plus à l'amour).

Moi aussi, je suis blessée dans mon cœur, par tout ce que je vois autour de moi, par ces garçons qui voulaient brûler les étapes en sortant avec moi; mais mes blessures sont belles comme des plaies vives parce que le Sang de Jésus les purifie de sa Gloire. N'a-t-il pas dit: “Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu”?

Daniel, je t'en supplie, ne cesse pas de dire, partout où tu passes, toute la beauté de la chasteté! Dis à tous les jeunes que leurs sacrifices d'aujourd'hui sauveront les enfants de demain parce que naîtront de vrais foyers. Il faut que se lève en l'an 2 000 une armée de saints, mais surtout de saints purs, chastes, et donc LIBRES, qui combattront au nom du Christ et de la Vierge, des saints qui offrent leur Croix de Pureté (car la pureté est, j'ose dire, une Croix pour ceux qui choisissent d'aller jusqu'au bout), moins pour vivre un amour beau et profond personnellement, que pour tous les autres qui n'auront pas connu cette joie et qui seront blessés dans leur corps et dans leur cœur. Je porte, en plus de ma propre pureté, celle de beaucoup de jeunes, leurs confidences, leurs blessures, leur combat quand ils choisissent eux aussi la chasteté. Je suis déjà si faible pour la mienne, la leur est lourde à porter, tu sais! Et c'est maintenant que je me dis que si je recule, si je fléchis, j'entraîne avec moi tous les autres. C'est terrible, non?!

Il y a tant de jeunes qui n'ont pas eu leur part d'amour, eux, et qui ont réellement besoin de se confier à un prêtre. Mais je n'ai pas d'autres prêtres à qui confier toutes ces choses.

Est-ce normal, dis-moi, est-ce normal que les jeunes, dans cette période si fragile qu'est l'adolescence, n'aient personne à qui se confier, n'aient pas de prêtre à qui confesser leurs péchés et de qui ils pourraient recevoir toute la miséricorde de Dieu? Je crois que les prêtres n'ont pas assez le sens de la paternité spirituelle, qu'ils ignorent l'immense attente des jeunes, qui, eux aussi, peuvent leur apporter, je crois. La paternité spirituelle, c'est la meilleure réponse à la solitude, au désespoir, au suicide chez les jeunes, aux “crises d'adolescence”, redis-le bien à tous les prêtres! Qu'ils n'aient pas peur d'exercer cet apostolat.

Véronique, 16 ans.

 

Distribué par Déjeune qui Prie, Vétroz, Suisse.

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