Communion Déjeune qui Prie
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Quelques pistes pour t'aider à grandir

Ne pense pas d'avance: c'est irrémédiable. Irrécupérable. Incurable. C'est vrai, ce peut être très long, au cas où il s'agit de quelque chose de plus profond qu'un dérapage de puberté. Sûrement une des blessures les plus difficiles à guérir. Une des déviances les plus dures à rectifier...

Pourtant, bien plus nombreux qu'on ne le pense, ceux qui en sont sortis. Rarement seuls, mais aidés par d'autres, et surtout par le Seigneur en personne.111 (Voir témoignages en annexes.) J'en connais un bon nombre.

Voici quelques moyens simples qui peuvent t'aider:

  1. La première question que pose Jésus au paralysé: “Veux-tu guérir?” Commence donc par désirer effectivement changer. Cela ne peut venir qu'une fois réalisée l'impasse dans laquelle te fait vivre l'homosexualité. Cette prise de conscience est souvent déchirante, beaucoup y trouvent tant de satisfactions immédiates qu'ils n'ont nul désir d'en sortir. Comme ces personnes qui se complaisent dans leur handicap ou leur maladie, attirant sympathie et compassion de tous, qu'ils préfèrent finalement rester tels, plutôt que de guérir. Guérir de quoi au juste? Mais de toi-même! Il s'agit de rééquilibrer ton être tout entier. S'il n'y a pas au moins ce désir — je ne dis pas encore ce besoin, ni même cette volonté — c'est sans solution, puisque cela va sans problèmes. Ensuite, que peu à peu ce désir se fortifie en volonté, en décision, en détermination.

  2. Supplier le Seul qui en soit effectivement capable: ton créateur et sauveur, Jésus. Qui d'autre peut descendre en ces profondeurs où tu as pu être blessé? Techniques et traitements psy peuvent, certes, y aider. Mais vient un seuil où elles calent. A la racine de ton orientation sexuelle, il peut y avoir un événement, tellement lointain ou tellement refoulé qu'aucune psychothérapie n'est capable de le détecter, et surtout de le désinfecter. Alors qu'il peut remonter à la surface au cours d'une prière, où quelques frères prient avec toi pour ta guéri-son. Bon nombre peuvent témoigner que le Seigneur est ainsi intervenu dans leur problème. Bien que ce ne soit jamais un truc magique, ni automatiquement performant. Il dépend toujours et de la confiance d'enfant que nous lui faisons, et de la libre volonté du Seigneur.

    Dans le cas de l'homosexualité, cette guérison à travers la prière est très rarement instantanée. Elle peut s'échelonner sur des semaines, des mois, sinon quelques années. Durant lesquels il faut collaborer de toutes tes forces, par des petits moyens à ta portée. Parmi bien d'autres choses.

  3. Ouvre-toi à tout ce qui est différent de toi. Dans tous les domaines. Va de préférence vers ceux qui sont d'une autre culture, race, mentalité, caractère, tempérament. Intéresse-toi à tout ce qui est autre que toi. Et, bien sûr, particulièrement aux filles si tu es un garçon (ou vice-versa). Non pas d'abord aux différences morphologiques ou physiologiques, qui d'ailleurs te laissent encore indifférent. Mais à ce qu'ils/elles sont en profondeur, à leur grâce spécifique. Apprends la complémentarité. Ne reste pas collé au semblable. Brise ton miroir. Cette ouverture, demande-la à Dieu par Marie, comme un cadeau. Ce cadeau qu'il désire tellement te faire, mais qu'il ne peut t'imposer. J'en connais dont l'homosexualité est devenue nettement moins contraignante, sinon quasiment guérie, simplement en se dévouant au service des personnes atteintes par un handicap, du corps ou de l'esprit. Ou partant donner le meilleur d'eux-mêmes dans les pays pauvres. Apprends donc à partager, à donner, à te donner.

  4. Sors de ton isolement. Recherche davantage contacts, rencontres, échanges. Laisse-toi intégrer dans une communauté chrétienne où tu ne te sentiras ni jugé, ni accusé, mais accepté, accueilli, aimé tel que tu es, tel que tu seras. Et puissent toutes les communautés de baptisés, grandes ou petites, constituées ou informelles, devenir ces lieux de compassion où bat le Cœur même du Seigneur Jésus.

    Alors, tu pourras t'y investir, participer à sa construction, y être pierre vivante, serviteur d'une communion.112

    Ce cri magnifique d'une fille, au nom de tout un peuple: “II faut des saint Vincent de Paul pour les homosexuels.”113

  5. Ne te réduis pas à ton homosexualité. Qu'elle ne te dévalorise pas à tes propres yeux. Ce n'est qu'un aspect de ta personnalité, de ta vie, même s'il est important et qu'il tend de fait à compliquer, sinon à envenimer, ta vie relationnelle. Tu peux avoir une sexualité malheureuse, une affectivité perturbée, tout en étant un être merveilleux, rempli de richesses, de dons et de charismes. Sans parler de ce qui est parfois le positif de cette blessure: chez le garçon, une certaine sensibilité, finesse de perception, intuitivité, sens de la beauté et goût pour la paix. Chez la fille, un certain courage, témérité, audace, esprit d'initiative. Ces dons — le positif du négatif — peuvent être mis au service de Dieu et des hommes. Il faut miser sur le meilleur en toi. Guérir le malsain à partir des tissus intacts, comme le fait un bon médecin. Il y a tant d'autres choses en toi que l'homosexualité! Cherche tout ce qui n'est pas contaminé. Tout ce qui est sain et clair.

    Regarde tous les gestes humains que tu poses, où n'interviennent nullement tes tendances homosexuelles. Mais où se manifestent la générosité de ton cœur, autant que tes capacités et compétences, humaines et spirituelles. Tes dons et tes talents.

    Si tu es marié (non homosexuellement, bien sûr!), tâche de découvrir que tu vis tout de même quelque chose de beau avec ce conjoint que tu as tant de peine à rejoindre physiquement ou psychologiquement.

    Et puis, toutes ces pages d'Evangile que tu écris peut-être sans le savoir. Ce que tu fais, vis, en tant qu'enfant de Dieu: tu pries, tu pardonnes, tu sers, tu donnes et te donnes, tu offres, tu aimes... Ainsi, peu à peu, tu élargiras les secteurs de vie où tu n'agis nullement en homosexuel. Les plages vierges de ton être. Tes points d'eau vive, tes sources d'espérance, repère-les.

  6. Un domaine où tu peux déployer le meilleur de toi-même: l'amitié.114

    Tu es capable d'en vivre de grandes, de vraies, de belles, de pures.115 Avec ceux du même sexe, tu peux les dégager des interférences sexuelles, bien que ce ne soit jamais facile. (C'est au fond le même problème pour les hétérosexuels.) Une relation peut être parfaitement authentique sans du tout impliquer un contact sexuel. Avec des personnes de l'autre sexe, c'est nettement plus facile et souvent très équilibrant. Je connais des homosexuels qui vivent avec des filles une amitié profonde, franche, libre de toute expression et même arrière-pensée sexuelle (et pour cause!). Amitié qui les fait grandir.

    Terrain de choix qui peut t'arracher à la solitude, te sortir de cet “autisme” qui caractérise tant d'entre vous. Tu y fais l'apprentissage d'une liberté, d'une gratuité, peut-être insoupçonnée jusque-là, dans une relation d'amitié noble et belle. Et quelle richesse tu peux ainsi mettre en valeur!

Est-ce parce que toute la vie d'un consacré, d'un prêtre mise sur une exclusivité d'amour avec le Christ, que si facilement tu te confies à l'un d'entre eux? Son cœur est alors bouleversé par une telle confiance. Il comprend que c'est à Jésus lui-même que tu t'adresses. Et que l'amitié vraie et pure que finalement tu attends de lui trahit une secrète nostalgie de partager la grande Amitié que lui-même vit avec son Créateur, qui est le tien. En devenant amis, dans le sens le plus vrai du mot, vous allez vivre avec Dieu, une relation de fidélité et de beauté. Puissions-nous, nous les consacrés, savoir vous consacrer (c'est le mot juste!) temps et cœur, au point de vous sentir accueillis par Dieu en personne! Puissent beaucoup de communautés chrétiennes vous offrir ces lieux-sources où vous vous sentirez respectés en profondeur. De ce respect qui récuse le mal qui vous atteint et vous éteint à petit feu. Ce respect qui voit et aime en vous l'enfant que Dieu voit et aime. Et enfin, et surtout, découvre ce père qui t'a peut-être un jour manqué. Père ni autoritaire, ni timide. Mais ferme dans une infinie douceur. Présent à 100%, et pourtant respectant totalement ta liberté. L'as-tu reconnu? Le seul qui soit Père en plénitude, et dont la nostalgie habite ton cœur: LE PERE! Plus que personne tu as besoin de Lui. Oui, de Dieu très spécifiquement en tant que Père.

 

Distribué par Déjeune qui Prie, Vétroz, Suisse.

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